En Tunisie, les investissements étrangers continuent de croître

Espoir Olodo, Agence Ecofin

En 2025, les IDE se sont établis à 1 milliard € en Tunisie, tandis que les investissements de portefeuille ont atteint 19,4 millions €.
Photo DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

En 2025, les IDE se sont établis à 1 milliard € en Tunisie, tandis que les investissements de portefeuille ont atteint 19,4 millions €.
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En Tunisie, la croissance des investissements étrangers se poursuit année après année. Selon des propos de Jalel Tebib, directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA), relayés par les médias locaux, ces flux ont atteint 3,572 milliards de dinars (environ 1,05 milliard d'euros) en 2025, un niveau en hausse de 30,3 % par rapport à 2024.
Dans les détails, le responsable indique que les investissements directs étrangers (IDE) se sont établis à 1 milliard d'euros, tandis que les investissements de portefeuille ont atteint 19,4 millions d'euros. Les secteurs les plus attractifs restent les industries manufacturières, les services, l’énergie et l’agriculture. Hors secteur énergie, les IDE ont permis en 2025 la réalisation de 921 opérations d’investissement pour un montant de 2,935 milliards de dinars (environ 863,4 millions d'euros), générant 14 085 emplois.
S’agissant des principaux contributeurs, la France demeure le premier investisseur étranger hors énergies, suivie de l’Allemagne, de l’Italie, des PaysBas et des ÉtatsUnis.
Ce niveau record enregistré l’année dernière confirme l’attractivité de la Tunisie pour les investisseurs. Selon le rapport « Revue des qualités des IDE en Tunisie » publié par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2024, le pays du Jasmin présente de nombreuses opportunités économiques, notamment une maind’œuvre qualifiée, une situation géographique stratégique, des accords de libreéchange avec l’Union européenne et l’Afrique, une économie diversifiée avec une contribution croissante des services à valeur ajoutée, et un secteur manufacturier très intensif en maind’œuvre.
Le pays a mis en œuvre depuis 2024 de nouvelles incitations destinées à lever les obstacles à l’investissement, en particulier au niveau administratif. Il a fait des efforts pour améliorer les infrastructures, réduire les délais de traitement des dossiers, simplifier et numériser les procédures, renforcer la transparence, ainsi que le suivi des indicateurs à l’échelle sectorielle et régionale. Des mesures qui viennent s’ajouter à la loi sur les investissements de 2016 ayant accru la libéralisation des investissements, et d’autres réformes législatives qui ont renforcé les droits des investisseurs.
Au total pour 2025, selon la FIPA, la contribution de l’investissement étranger au PIB tunisien se situe entre 3% et 4%.
Pour 2026, l’objectif de la Tunisie est de consolider cette dynamique et améliorer la qualité des IDE. La FIPA projette ainsi un volume d’investissements étrangers de 4 milliards de dinars, soit environ 1,2 milliard d'euros, ce qui marquerait une nouvelle hausse par rapport à 2025. Le pays a notamment lancé sa Stratégie nationale pour l’amélioration du climat des affaires 2026 - 2030, une nouvelle phase axée sur la digitalisation, l’accès facilité au financement et l’amélioration des services aux investisseurs.
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Si ce niveau marquera un nouveau cap depuis 2020, l’OCDE révélait notamment dans son rapport que les entrées d’IDE ont atteint leur apogée en 2006, avec 3,2 milliards USD (environ 2,76 milliards d'euros) représentant plus de 9% du PIB de l’époque. Plus globalement, selon l’organisation, pour permettre aux IDE de mieux contribuer au développement, un accent doit être mis sur l’extension d'activités à plus forte valeur ajoutée dans l’automobile et l’électronique, jugées plus rentables que la dépendance au régime offshore (projets étrangers localisés dans des zones franches ou des zones d’exportation).
L’OCDE préconise par ailleurs de réduire progressivement la dichotomie entre les régimes offshore et onshore (économie nationale ordinaire), en diminuant les écarts fiscaux et réglementaires et en rendant le régime onshore plus attractif, notamment en levant l’obligation d’associations imposées aux investisseurs étrangers. Elle appelle aussi à renforcer la concurrence et à réévaluer les restrictions à l’investissement étranger, surtout dans les services (technologies de l'information et de la communication, services aux entreprises, transports, etc.), afin de stimuler la productivité et la qualité de l’emploi.
Espoir Olodo, Agence Ecofin