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La Tribune Afrique

Face au choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient, l’Égypte active une stratégie d’urgence

Photo de Louis-Nino Kansoun

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Publié le 30 mars 2026 à 12:42

L’Égypte est un gros importateur d’hydrocarbures et s’approvisionne principalement au Moyen-Orient.

L’Égypte est un gros importateur d’hydrocarbures et s’approvisionne principalement au Moyen-Orient.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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En perturbant les flux pétroliers du Golfe, la guerre au Moyen-Orient met sous pression des économies dépendantes des importations d’énergie. L’Égypte fait partie des nations africaines les plus exposées à ce conflit qui crée, selon l’AIE, « la plus grande perturbation de l’offre de pétrole de l’histoire ».

Confrontée à une perturbation brutale de ses approvisionnements en pétrole en raison du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, l’Égypte a engagé une réponse en plusieurs volets. Le pays cherche à sécuriser de nouvelles sources d’importation, tout en réduisant sa consommation intérieure.

Ralentir plusieurs projets publics

Selon les informations relayées par Reuters en fin de semaine dernière, le gouvernement égyptien a engagé une série de mesures visant à limiter la consommation d’énergie. D’après le Premier ministre Mostafa Madbouly, cité par l’agence, les grands projets publics fortement consommateurs de carburant (notamment de diesel) seront ainsi ralentis pendant au moins deux mois.

Dans le même temps, les autorités ont décidé de réduire de 30% les allocations de carburant pour les véhicules administratifs. Elles vont également instaurer en avril le télétravail chaque dimanche pour une partie des secteurs public et privé, à l’exception des services essentiels et de l’industrie. Cette mesure pourrait être étendue à un jour supplémentaire par semaine ou prolongée si le conflit se poursuit.

Ces décisions s’ajoutent à une augmentation récente des prix du carburant et des tarifs des transports publics, ainsi qu’à des mesures visant à imposer des heures de fermeture plus précoces pour les commerces et cafés.

Organiser la sobriété énergétique

Si les autorités en arrivent là, c’est parce que l’Égypte est un gros importateur d’hydrocarbures et s’approvisionne principalement au Moyen-Orient. Le pays importe entre 1 et 2 millions de barils de pétrole du Koweït, en plus de 1 million de barils du saoudien Saudi Aramco pour alimenter ses raffineries.

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Depuis le début de la guerre, les producteurs de la région ont dû réduire leurs volumes à cause du ralentissement du transport via le détroit d’Ormuz, ce qui a rapidement saturé les capacités de stockage et poussé certains fournisseurs à déclarer la force majeure sur des ventes. Cette situation contraint Le Caire à revoir en urgence ses sources d’approvisionnement.

Selon Bloomberg, en plus des mesures de rationnement, le pays s’apprêterait à importer du pétrole libyen pour compenser l’arrêt des livraisons en provenance du Koweït. La compagnie publique Egyptian General Petroleum Corp. a sollicité son homologue libyen pour deux cargaisons mensuelles, totalisant environ 1,2 million de barils.

Une économie sous contrainte face à un choc externe

Ces ajustements interviennent alors que l’économie égyptienne reste fragile, malgré des signes récents de stabilisation. Fin février, le Fonds monétaire international a validé un nouveau décaissement d’environ 2 milliards d’euros en faveur du pays, dans le cadre d’un programme d’assistance engagé depuis 2022.

Ce soutien s’inscrit dans un processus de redressement marqué par une baisse de l’inflation, un renforcement des réserves en devises et une reprise progressive de la croissance. Mais il reflète aussi la dépendance persistante du pays à des financements extérieurs et à des équilibres macroéconomiques encore sensibles.

Dans ce contexte, la hausse des coûts énergétiques représente un facteur de pression supplémentaire pour un pays qui reste importateur net de pétrole et de gaz, ce qui l’expose directement aux perturbations des marchés internationaux et aux tensions géopolitiques affectant les routes d’approvisionnement.

Les mesures annoncées par le gouvernement visent à contenir l’impact de ce choc. Si les autorités insistent sur leur caractère temporaire, elles laissent ouverte la possibilité de les prolonger si la situation régionale ne s’améliore pas. À plus long terme, ces développements mettent en évidence les limites du modèle énergétique du pays et relancent la question de la diversification des sources d’énergie et de la réduction de la dépendance aux importations.

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

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