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La Tribune Afrique

Kenya : la filière café poursuit sa dynamique positive

Photo de Espoir Olodo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 03 juin 2026 à 08:30

Près de 45 % du café kényan est exporté vers trois principaux marchés : la Belgique, les États-Unis et l’Allemagne.

Près de 45 % du café kényan est exporté vers trois principaux marchés : la Belgique, les États-Unis et l’Allemagne.

Photo DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Au Kenya, le café a connu son âge d’or dans les années 1980, s'imposant parmi les principales sources de devises du secteur agricole. Un passé glorieux que le gouvernement s'active aujourd'hui à conjuguer au présent.

Au Kenya, les indicateurs sont au vert pour la filière café. Pour la campagne 2026/2027, la première économie est-africaine pourrait récolter 950 000 sacs de fèves (1 sac = 60 kg) contre 850 000 sacs un an plus tôt. Ces projections sont issues du dernier rapport du Département américain de l’Agriculture (USDA), publié en mai dernier.

Un regain d’intérêt qui se confirme

Cette récolte abondante anticipée s’explique notamment par l’engouement renouvelé des producteurs pour la rubiacée.

Pénalisée sur la dernière décennie par le vieillissement des plantations et la faiblesse des prix mondiaux, qui a conduit à un abandon des cultivateurs pour des produits plus attractifs comme l’avocat, la culture du café connaît en effet un nouveau souffle depuis deux ans avec la hausse mondiale des cours de l’arabica, principale variété produite dans le pays.

Avec les gains enregistrés depuis 2024, l’USDA souligne que les exploitants sont en mesure d’investir davantage de capital dans l’entretien des plantations. « Ces réinvestissements permettent une application plus régulière des engrais et un meilleur contrôle des ravageurs et des maladies qui freinent souvent les rendements ».

Selon l’organisme américain, les autorités profiteront également cette année des fruits des efforts engagés pour faciliter l’expansion de la production dans les régions du Centre, de l’Est et de la Vallée du Rift. Cette démarche, qui vise à remettre au cœur de l’économie une filière qui à la fin des années 1980 était la première source de devises du secteur agricole, s’appuie entre autres sur la New Kenya Planters Co-operative Union (NKPCU) qui utilise un fonds de roulement soutenu par l’État (Coffee Cherry Advance Revolving Fund-CCARF) pour fournir aux agriculteurs des plants et des engrais.

En complément des efforts nationaux, plusieurs gouvernements de comté ont également lancé des programmes de subventions locales afin d’aider les producteurs à couvrir les coûts liés à l’extension de leurs plantations de café.

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Des perspectives favorables à l’exportation

Grâce à cette dynamique, le Kenya devrait exporter environ 940 000 sacs de café, soit une progression d’environ 12 % par rapport à l’année précédente. Cette amélioration devrait contribuer à renforcer les recettes d’exportation, qui ont déjà progressé de 35% en 2025, atteignant 52 milliards de shillings (345 millions d’euros), portées principalement par la hausse des prix internationaux, malgré une évolution plus limitée des volumes.

Au-delà des volumes produits, le café kényan continue de tirer son épingle du jeu grâce à la qualité reconnue de ses grains d’arabica. Très appréciés sur les marchés internationaux, ceux-ci figurent parmi les plus recherchés par les torréfacteurs qui les mélangent souvent avec des grains de moindre qualité provenant d’autres destinations. 

Le pays entend d’ailleurs s’appuyer sur cette réputation internationale pour diversifier ses marchés d’écoulement dominés par les Etats-Unis, la Belgique et l’Allemagne (près de 45 % des ventes pour le trio). Parmi les nouveaux débouchés visés figurent la Chine et la Corée du Sud, deux marchés en expansion où la consommation de café progresse rapidement.

Dans le cadre de cette stratégie, les autorités ont aussi annoncé en octobre dernier un projet de digitalisation de la vente aux enchères de café à Nairobi pour rendre les transactions plus transparentes, plus rapides et mieux connectées aux acheteurs internationaux. Cette évolution doit contribuer à fluidifier la chaîne de valeur, à améliorer la traçabilité et, à terme, à mieux rémunérer les producteurs.  

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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