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Pétrole : Panoro renforce son ancrage en Guinée équatoriale

Olivier de Souza, Agence Ecofin

Publié le 26 février 2026 à 11:14

Le bloc G ciblé par Panoro regroupe le champ Ceiba et le complexe Okume, qui figurent parmi les noyaux historiques de la production offshore équato-guinéenne.

Le bloc G ciblé par Panoro regroupe le champ Ceiba et le complexe Okume, qui figurent parmi les noyaux historiques de la production offshore équato-guinéenne.

DR

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L’opération d'acquisition pour un montant de près de 186 millions d'euros survient dans un contexte de raréfaction des investissements, et redessine l’équilibre des acteurs sur l’un des principaux pôles de production du pays d’Afrique centrale.

Le 24 février dernier, Panoro Energy a conclu un accord avec Kosmos Energy pour acquérir la filiale détenant 40,375 % du bloc G offshore en Guinée équatoriale. La transaction peut atteindre 185,8 millions d’euros, avec un paiement initial de 152,4 millions d’euros et des compléments conditionnels allant jusqu’à 33,4 millions d’euros, liés à la production future et aux prix du pétrole.

Cette opération modifie la structure de l’actionnariat du bloc G. En intégrant la participation cédée par Kosmos, Panoro portera sa part totale à 54,625% et deviendra l’actionnaire de référence, aux côtés de Trident Energy (40,3%) et de la société nationale GEPetrol (5%).

Un actif central de la production offshore équato-guinéenne

Ce mouvement va renforcer la position stratégique de Panoro sur un actif central dans l’industrie pétrolière équato-guinéenne. Le bloc G regroupe le champ Ceiba et le complexe Okume, composé des champs Okume, Oveng, Ebano et Elon. Ces installations figurent parmi les noyaux historiques de la production offshore du pays, et s’appuient sur des infrastructures comme le FPSO (Unité flottante de Production, stockage et déchargement) Sendje Ceiba, ainsi que plusieurs plateformes et puits sous-marins.

Sur le plan productif, Ceiba et Okume constituent une empreinte majeure au large des côtes régionales. Historiquement, ces actifs ont produit environ 30 000 à 35 000 barils par jour, et plusieurs millions de barils depuis leur mise en service au début des années 2000. Les forages récents et les développements intercalaires soutiennent encore leur potentiel et prolongent leur durée de vie jusqu’à l’expiration du contrat de partage de production prévue en 2040.

Le caractère stratégique du bloc G tient aussi à sa place dans la hiérarchie des grands champs producteurs du pays. Les principaux gisements d’hydrocarbures sont situés en offshore, avec en tête le champ de Zafiro, suivi des complexes de Ceiba et d’Okume. La région d’Alba constitue le pilier de la production nationale de gaz naturel et de condensats. Dans cet ensemble, les deux complexes ont un statut clé par leurs volumes et par leur rôle dans la continuité de la production pétrolière. Aujourd’hui, la production oscille entre 48 000 et 55 000 barils par jour.

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En devenant partenaire majoritaire sur cet actif, Panoro s’ancre au cœur du dispositif productif national, sur l’un des rares ensembles de champs disposant encore d’un potentiel d’exploitation prolongé, sans investissements lourds supplémentaires. La stratégie du groupe privilégie des actifs déjà en production, capables de générer des flux de trésorerie à court et moyen terme grâce à des infrastructures existantes et à des coûts maîtrisés.

Kosmos se recentre et optimise sa trésorerie

Pour Kosmos Energy, l’opération répond à une logique de recentrage du portefeuille. La cession du bloc G marque la sortie du groupe de cet actif arrivé à maturité. Après la transaction, il ne conservera plus que deux blocs en Guinée équatoriale, EG-01 et EG-24, orientés vers l’exploration et le gaz. Les fonds issus de la vente doivent renforcer sa liquidité, réduire sa dette, et concentrer ses investissements sur ses actifs prioritaires, notamment au Ghana.

L’opération met ainsi en évidence deux trajectoires distinctes. Panoro consolide sa présence sur des actifs établis et renforce son profil de producteur régional, tandis que Kosmos réduit son exposition dans un contexte de discipline accrue des investissements. Le deal intervient en effet alors que le secteur pétrolier équato-guinéen est fragilisé par plus d’une décennie de déclin de la production et par la baisse des investissements étrangers. Les autorités cherchent à stabiliser les champs existants tout en attirant de nouveaux capitaux, notamment par des cycles de licences et par une stratégie axée sur le gaz.

Plus largement, cette transaction traduit un rééquilibrage structurant du paysage pétrolier équato-guinéen. Elle illustre la concentration autour des pôles historiques de production et la montée en puissance d’acteurs spécialisés.

Olivier de Souza, Agence Ecofin

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