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Commerce : Avec une enveloppe de près de 900 millions d'euros, la Mauritius Commercial Bank veut accélérer le financement du commerce africain

Photo de Moutiou Adjibi Nourou

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Publié le 01 juin 2026 à 11:51

Siège de la MCB dans le quartier de Trianon à Maurice.

Siège de la MCB dans le quartier de Trianon à Maurice.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Alors que les besoins de financement du commerce continuent de freiner l’industrialisation et l’intégration économique sur le continent, la Mauritius Commercial Bank (MCB) annonce une initiative destinée à soutenir les échanges commerciaux. Une démarche qui s’inscrit dans la dynamique de la Zlecaf et dans la stratégie d’expansion africaine du groupe mauricien.

La banque mauricienne MCB a annoncé fin mai le lancement d’une enveloppe dédiée de 1 milliard de dollars (858 millions d'euros) destinée au financement du commerce en Afrique sur les quatre prochaines années.

À travers cette initiative, l’établissement entend renforcer son rôle dans le financement des échanges commerciaux intra-africains, tout en accompagnant les entreprises engagées dans des projets de transformation économique et de création de valeur sur le continent.

L’enveloppe couvrira à la fois des financements directs et des instruments de Trade Finance non financés, notamment la confirmation de lettres de crédit, l’émission de garanties, de lettres de crédit ou encore d’effets de commerce avalisés. Ces outils sont devenus essentiels dans un contexte où de nombreuses entreprises africaines peinent encore à accéder à des solutions de financement compétitives pour sécuriser leurs opérations commerciales.

Réduire le déficit de financement du commerce

L'annonce de la MCB intervient dans un contexte paradoxal. D'un côté, le commerce intra-africain progresse, porté notamment par la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). De l'autre, l'accès au financement demeure l'un des principaux obstacles à l'accélération des échanges sur le continent.

Selon le rapport 2025 de la Banque africaine de développement (BAD) sur le financement du commerce, publié le 28 mai 2026, le

commerce intra-africain a représenté 34% du commerce total financé par les banques entre 2020 et 2024, soit une hausse de 89% par rapport à la période 2011-2019. Cette progression illustre l’intensification des échanges régionaux, mais également du rôle croissant des instruments financiers destinés à soutenir ces flux commerciaux.

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Malgré cette dynamique, le déficit de financement du commerce reste considérable. La BAD estime que la demande non satisfaite de financement du commerce en Afrique s'est située entre 74 et 92 milliards de dollars en 2024. À lui seul, le déficit estimé à 74 milliards de dollars représentait 5,4% de la valeur totale des échanges de marchandises du continent.

Lors de la présentation du rapport, Anthony Simpasa, directeur du département de la politique macroéconomique, des prévisions et de la recherche de la BAD, a souligné que les interventions des banques multilatérales de développement, des gouvernements, des agences de crédit à l'exportation et des banques internationales avaient permis de réduire la demande non satisfaite de financement du commerce de près de 10 % entre 2019 et 2024. Sans ces interventions, le déficit annuel aurait dépassé les 100 milliards de dollars sur la période 2020-2024.

Dans ce contexte, l'initiative de la MCB vise précisément à renforcer l'offre de financement disponible pour les entreprises africaines. L'enveloppe annoncée couvrira à la fois des financements directs et des instruments de garantie du commerce international, tels que les lettres de crédit ou les garanties bancaires, qui permettent de sécuriser les transactions sans nécessiter un décaissement immédiat de fonds.

« Cette enveloppe d'un milliard de dollars vise à soutenir la transformation économique de l'Afrique en proposant des solutions adaptées et un accès compétitif au financement du commerce, sans les primes de risque perçues qui sont souvent associées au continent », indique ainsi le groupe dans son communiqué.

La banque estime que cette approche peut contribuer à fluidifier les échanges régionaux et à soutenir l'émergence de chaînes de valeur plus intégrées. « Cette initiative contribuera à stimuler les corridors commerciaux africains et à accompagner les clients dans leurs parcours de création de valeur à travers le continent », précise-t-elle.

Une stratégie alignée sur les ambitions de la Zlecaf

Au-delà du soutien financier apporté aux entreprises, l’enveloppe de 1 milliard de dollars traduit la volonté du groupe mauricien de se positionner comme un acteur majeur de l’intégration économique africaine. La banque met notamment l’accent sur le développement des corridors commerciaux régionaux et sur le renforcement des chaînes de valeur régionales. Cette orientation rejoint directement les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine, dont l’ambition est d’accroître les échanges entre pays africains et de favoriser l’émergence d’un marché continental intégré. Aujourd’hui, le commerce intra-africain reste inférieur aux niveaux observés dans d’autres régions du monde, même si sa progression s’est accélérée ces dernières années.

La MCB assume clairement cette ambition continentale. Selon elle, cette initiative « reflète également notre ambition de jouer un rôle de premier plan dans le renforcement et l’intégration des chaînes de valeur régionales, avec un accent particulier sur le commerce intra-africain, conformément aux objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine ».

Cette mobilisation de nouveaux financements intervient également alors que le rôle des banques commerciales dans le financement du commerce africain tend à diminuer. Selon la BAD, celles-ci ont financé en moyenne 23% du commerce total du continent entre 2020 et 2024, contre 40% sur la période 2011-2019. Le manque de liquidités en devises étrangères apparaît comme l’un des principaux freins à leur activité : 36% des banques interrogées citent cette contrainte comme le principal obstacle à la croissance de leurs opérations de financement du commerce. Dans ce contexte, les initiatives portées par les banques régionales, les institutions de développement et les partenaires internationaux sont appelées à jouer un rôle croissant pour combler les besoins du marché.

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

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