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Cameroun : le cacao brut devient la première source de devises devant le pétrole en 2025

Photo de Espoir Olodo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 17 avril 2026 à 15:00

Fèves de cacao brut.

Fèves de cacao brut.

Photo DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le Cameroun, quatrième producteur africain de cacao après la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria, gagne en puissance sur la scène internationale. Dans ce pays d’Afrique centrale, l’or brun s’impose progressivement comme un pilier stratégique des exportations.

En 2025, la structure des exportations camerounaises a connu un basculement symbolique. Pour la première fois depuis des décennies, le cacao a devancé le pétrole brut comme première source de recettes à l’exportation.

Selon le rapport sur l’évolution du commerce extérieur publié par l’Institut national de la statistique (INS), les ventes de fèves de cacao sur le marché mondial ont généré 810 milliards FCFA(1,2 milliard d’euros) entre janvier et décembre alors que le pétrole brut a affiché des recettes de 706 milliards FCFA sur la même période.

Un contexte favorable pour le cacao 

D’après les détails fournis par l’INS, ce passage de témoin s’explique par un contexte international favorable pour les prix de l’or brun.

En effet, sur la période sous revue, c’est l’amélioration du prix unitaire qui a permis d’enregistrer des bons résultats avec des recettes en hausse de 18,5% par rapport à il y a un an. Pendant ce temps, les volumes expédiés reculaient de 9,8% à 162 000 tonnes.

Du côté du pétrole, l’organisme public souligne que tous les indicateurs ont été dans le rouge. Les volumes expédiés se sont contractés de 15,5% à 2,55 millions de tonnes alors que les recettes ont chuté de 29,6%, plombées par la baisse des prix unitaires à l’exportation.

Globalement, avec ce niveau de recettes, le cacao brut a représenté 26,3 % du total des recettes d’exportation du pays, confirmant une montée en puissance.

Entre 2022 et 2025, la valeur des ventes de pétrole a été divisée par deux, tandis que celle des fèves de cacao a été multipliée par 2,5, portée notamment par une hausse de 90 % des recettes en 2024.

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Dans le sillage du cacao brut, l’INS souligne aussi que les produits dérivés du cacao ont réalisé un bon résultat en 2025. Tiré par la pâte et le beurre de cacao, ce segment a généré 386 milliards FCFA.

Avec l’accroissement des capacités de transformation par les industriels déjà présents comme SIC Cacaos (filiale du groupe Barry Callebaut) et l’arrivée de nouveaux broyeurs comme Atlantic Cocoa et Africa Processing, l’industrie de transformation a monté en puissance.

La première économie de la CEMAC a franchi pour la première fois la barre des 100 000 tonnes de fèves transformées localement au cours d’une campagne, selon l’Office national du cacao et du café (ONCC), et est devenue en 2024 le 7e exportateur mondial de pâte de cacao et le 9e exportateur mondial de beurre de cacao.

2026, année de retour à la réalité ?

Si du côté de la filière du cacao, on célèbre ce cap historique, les analystes soulignent que cette avance conjoncturelle sera testée durant cette année.

Actuellement, les prix des fèves de cacao sont moitié moins élevés qu’en 2025 à la même période sur la bourse de New York. À l’inverse, le pétrole profite à nouveau d’un contexte haussier.

Sous l’effet de tensions géopolitiques au MoyenOrient depuis la fin février entre l’Iran, les États-Unis et Israël et à la fermeture du détroit d’Hormuz, qui voit transiter environ 20 % des livraisons mondiales de pétrole et de gaz, le baril de brut a déjà gagné plus de 44 % par rapport à son niveau d’il y a un an selon Trading Economics.

Le 14 avril dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a relevé sa prévision de référence pour le prix du pétrole en 2026 de 30%, à 82 dollars le baril, par rapport à sa prévision de janvier. Dans un tel contexte, la valeur des exportations camerounaises d’huiles brutes pourrait remonter significativement, surtout si les volumes se stabilisent ou se redressent légèrement après la contraction observée en 2025.

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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