Industrie du caoutchouc : un investissement chinois de 31 millions d'euros annoncé au Libéria

Espoir Olodo, Agence Ecofin

La filière caoutchouc libérienne est très exposée à la volatilité des cours et à la fragilité des petits planteurs d'hévéa.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

La filière caoutchouc libérienne est très exposée à la volatilité des cours et à la fragilité des petits planteurs d'hévéa.
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Le Libéria mise sur un nouvel investissement de 36 millions USD (environ 30,9 millions d'euros) pour booster la transformation locale de caoutchouc. Porté par l'agro-industriel chinois Mainland, ce projet a fait l'objet de discussions à l’occasion d’une mission de travail du ministre libérien de l’Agriculture, qui visitait la semaine du 19 mai une usine du groupe située au Cambodge.
Selon les détails relayés par le site d’information Liberian Observer le 26 mai, Mainland s’est engagé à développer des unités de transformation du caoutchouc dans le pays ouest-africain L’investissement annoncé doit s’accompagner d’un système de production sous contrat permettant de sécuriser l’approvisionnement des unités industrielles, tout en offrant un débouché structuré aux petits planteurs d’hévéa.
Dans un pays où une grande partie de la production provient de petits exploitants, cette organisation pourrait contribuer à stabiliser les revenus ruraux et à améliorer l’intégration des producteurs dans l’économie formelle. À ce stade néanmoins, plusieurs détails restent encore flous. Le calendrier de mise en œuvre n’a pas été précisé, pas plus que les sites d’implantation des unités industrielles.
Cette annonce arrive dans un contexte où les autorités souhaitent relancer l’offre qui reste instable. La filière caoutchouc libérienne reste en effet très exposée à la volatilité des cours et à la fragilité des petits exploitants. La production est tombée de 87 777 tonnes en 2021 à 73 769 tonnes en 2025, selon les données de la Banque centrale du Libéria (CBL).
Dans le cadre de son Plan national de développement de l’agriculture (NADP) sur la période 2024-2030, le gouvernement prévoit de dédier 52,5 millions USD (environ 45 millions d'euros) à la chaîne de valeur du caoutchouc. Ce volet prévoit notamment le développement de 20 000 hectares de nouvelles plantations et la réhabilitation de 10 000 hectares de plantations existantes dans les 6 zones majeures de production, ainsi que la mise en place d’un Institut national recherche sur le caoutchouc.
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L'Etat a interdit en 2023 les exportations de latex pour accroître la valeur ajoutée de la filière, et pour promouvoir des investissements dans des activités de transformation secondaire, telles que la production de pneus, de chambres à air, de produits en caoutchouc gonflables. Cette mesure, prise sous l’ancien président George Weah, a été entérinée en mai 2024 par le Sénat, qui a également approuvé la création de l’Office national du caoutchouc (NBR). Celui-ci est chargé de garantir une tarification mensuelle équitable du caoutchouc et d’encourager la vente de fonds de tasse, c’est-à-dire de caoutchouc humide non transformé, aux usines de transformation locales.
Plus globalement, Mainland, s’il s’implante, devrait contribuer à diversifier l’offre industrielle et à élargir la base des investisseurs. Actuellement, ce sont des acteurs comme Firestone et la Liberia Agricultural Company, respectivement des filiales locales des multinationales Firestone/Bridgestone (États-Unis/Japon) et du groupe Socfinco (Belgique), qui transforment essentiellement le latex en caoutchouc naturel standard de grade TSR20 vendu sur les marchés internationaux.
Selon les données officielles, Firestone, possède notamment la plus grande exploitation continue de caoutchouc naturel au monde, qui couvre plus de 51 000 hectares est le plus grand employeur du secteur privé au Libéria. En dehors de ces poids lourds, une transformation partielle est également assurée localement par NRI (Nimba Rubber Inc.) et Jetty Rubber Industries, qui s’approvisionnent auprès des petits planteurs.
Espoir Olodo, Agence Ecofin