L'objectif de production de 3 millions de tonnes de cuivre par an en 2031 dépend de l'augmentation des capacités énergétiques du pays. Ainsi, en 13 jours, la Zambie a enregistré 2,7 milliards d'euros d'engagements dans son secteur énergétique. Les capitaux proviennent majoritairement de Chine mais aussi du Royaume-Uni et de Norvège.
Le 23 avril dernier, la Zambia Development Agency a annoncé un engagement de 1,4 milliard d'euros de China Machinery Engineering Corporation, filiale du conglomérat public chinois Sinomach, pour 900 mégawatts de nouvelles capacités. Le projet combine trois blocs de 300 mégawatts chacun : solaire, éolien et thermique à charbon, selon le communiqué de l'agence. L'annonce clôt une séquence de trois signatures en moins de deux semaines.
Capacité d'attractivité
Le 10 avril, le gouvernement a lancé à Ndola la construction d'une raffinerie d'un milliard d'euros, portée par Zambia Petrochemical Energy Company, coentreprise entre le chinois Fujian Xiang Xin et l'Industrial Development Corporation publique.
Le 21 avril, le producteur indépendant Globeleq, détenu par British International Investment et Norfund (fonds souverain norvégien), a inauguré le projet solaire-batterie Leopards Hill, d'un montant de 290 millions d'euros, en présence du président Hakainde Hichilema.
« Cet investissement est une étape majeure vers l'objectif de 10 000 mégawatts de capacité installée d'ici 2031 », a déclaré Albert Halwampa, directeur général de la Zambia Development Agency, dans un communiqué publié mercredi.
La demande régionale d'électricité reste élevée, a-t-il ajouté, ouvrant à la Zambie la perspective de devenir exportateur net via le Southern African Power Pool. Le volume cumulé des trois projets dépasse de plus d'un tiers les 1,58 milliard d'euros décaissés sur les 38 mois du programme FMI sous Facilité Élargie de Crédit, dont la sixième et dernière revue a été validée par le Conseil d'administration le 27 janvier dernier.
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Pour un pays qui entrera en campagne électorale en août sans filet institutionnel, la capacité à attirer simultanément des capitaux chinois, britanniques et norvégiens redessine l'architecture de son financement extérieur.
Double contrainte
La Zambie, dépendant à plus de 80% de l'hydroélectricité, fait face à une crise énergétique majeure avec des délestages de 20 heures par jour, après que le niveau du barrage de Kariba soit tombé sous 10% fin 2024 selon la Zambezi River Authority (ZRA). L'Energy Regulation Board (ERB) confirme que le solaire ne représente que 5,5% de la capacité installée, soulignant la vulnérabilité de la production nationale gérée par ZESCO.
Le projet Leopards Hill combinera 250 mégawatts de solaire photovoltaïque avec un système de stockage par batterie de 150 mégawatts et 600 mégawattheures, fournissant quatre heures d'autonomie. L'installation couvrira l'équivalent de la consommation annuelle de 150 000 foyers, selon le communiqué de Globeleq. Le projet était resté bloqué près d'une décennie avant que les réformes tarifaires n'ouvrent la voie à un financement, a indiqué un représentant du développeur lors de la cérémonie.
La raffinerie de Ndola, d'une capacité de 60 000 barils par jour, doit entrer en service fin 2028. En 2024, la Zambie a importé pour 1,96 milliard d'euros de produits pétroliers raffinés, principalement de Singapour, de la Tanzanie et des Émirats arabes unis, selon des données de l'Observatory of Economic Complexity citées par le ministère de l'Énergie. L'unité intégrera également la production de gaz liquéfié, de bitume et de lubrifiants destinés aux industries minières.
Le programme du FMI d'août 2022 n'a pas été prolongé et le ministère des Finances prépare de nouvelles discussions pour la période suivant le scrutin d'août, selon The Africa Report. Aucun communiqué du Fonds n'a confirmé, à ce jour, un arrangement de succession. Les études de faisabilité du projet CMEC débutent en juin.