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La Tribune Afrique

Le Nigeria veut renforcer l’irrigation agricole avec un programme à 438 millions d'euros

Photo de Espoir Olodo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 16 mars 2026 à 12:50

Une grande partie de l’agriculture nigériane repose sur les pluies, ce qui rend les rendements sensibles aux aléas climatiques.

Une grande partie de l’agriculture nigériane repose sur les pluies, ce qui rend les rendements sensibles aux aléas climatiques.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Le secteur agricole contribue au quart du PIB au Nigeria. Le géant Ouest-africain cherche présentement à tirer un meilleur parti de son potentiel en terres irrigables.

Au Nigeria, les autorités ont lancé un nouveau projet à 500 millions USD (environ 437,6 millions d'euros) destiné à soutenir le développement de l’irrigation agricole. Baptisé « Sustainable Power and Irrigation for Nigeria » (SPIN), l’initiative financée par la Banque mondiale permettra entre autres de réhabiliter environ 40 000 hectares de terres irriguées, et de moderniser la gestion des ressources et infrastructures hydrauliques.

Le projet devrait également contribuer au renforcement des institutions de gestion de l’eau, au développement de l’hydroélectricité, et à l'attrait d'investissements privés dans les chaînes de valeur de l’irrigation et de l’agriculture. Selon les autorités, il bénéficiera à terme, directement et indirectement, à 950 000 personnes dans le cadre d’une gestion plus participative des périmètres irrigués.

Une stratégie globale

Cette initiative s’inscrit dans une série d'actions déjà engagées pour développer l’irrigation et mieux valoriser le potentiel hydrique du Nigeria. Ces dernières années, Abuja a multiplié les projets, souvent avec l’appui de bailleurs de fonds, pour moderniser les grands périmètres existants et en créer de nouveaux.

C’est le cas du projet TRIMING (Transforming Irrigation Management in Nigeria) déjà financé par la Banque mondiale et mis en œuvre dans les États de Jigawa, Kano, Sokoto et Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria entre 2015. Ciblant près de 130 000 agriculteurs, il visait la réhabilitation et la modernisation des schémas d’irrigation existants, le renforcement des capacités en gestion de l’eau et la promotion de pratiques agricoles améliorées.

Parallèlement, le gouvernement fédéral a mis en service des systèmes d’irrigation ciblés, comme l’infrastructure à 59 millions USD (environ 51,6 millions d'euros) inaugurée en 2024 dans l’État de Kano, et destinée à sécuriser les cultures en saison sèche et à améliorer les revenus des producteurs. Ces efforts visent à mieux exploiter le potentiel irrigable dans la première économie ouest-africaine.

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Selon les données de l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 331 000 hectares étaient effectivement équipés pour l’irrigation en 2023 sur un potentiel d’environ 2,14 millions d’hectares de terres irrigables. Le gouvernement s’est fixé l’objectif d’étendre la superficie irriguée à 500 000 hectares d’ici 2030.

La pièce manquante du puzzle agricole nigérian

Dans le pays le plus peuplé du continent, l’essor de l’irrigation est au cœur du défi de productivité agricole et de souveraineté alimentaire. Si selon les données de la Banque africaine de développement (BAD), l’agriculture emploie près de quatre Nigérians sur dix, la productivité du secteur est restée stagnante depuis 2015 en raison de plusieurs facteurs comme le faible niveau d’irrigation, la dégradation des sols ou encore les systèmes fonciers peu performants. Aujourd’hui encore, une grande partie de l’agriculture repose sur les pluies, ce qui rend les rendements très sensibles aux aléas climatiques.

En développant l’irrigation, le pays peut stabiliser et augmenter les rendements, notamment pour des cultures comme le riz et le maïs qui sont centrales dans la consommation des ménages mais restent en partie importées. Combinées à des politiques de stockage, de transport et de financement adaptées, une meilleure performance et une gestion plus efficace des systèmes d’irrigation en place, ainsi que l’extension des superficies irriguées peuvent permettre d’accroître la production alimentaire et réduire la vulnérabilité aux chocs externes.

Cet impératif est d’autant plus fort que le Nigeria figure parmi les plus gros importateurs de denrées alimentaires du continent. D’après un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED - désormais ONU commerce et développement) publié en 2025, le pays a dépensé en moyenne 5,59 milliards USD (environ 4,9 milliards d'euros) par an en importations alimentaires entre 2021 et 2023, se classant au 5e rang africain derrière l’Égypte, l’Algérie, le Maroc et l’Afrique du Sud.

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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