L’Ouzbékistan mise sur le sud-africain Sasol pour valoriser ses ressources en gaz et charbon
Olivier de Souza, Agence Ecofin

Le complexe Uzbekistan GTL transforme le gaz naturel en carburants synthétiques à haute valeur ajoutée.
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Olivier de Souza, Agence Ecofin

Le complexe Uzbekistan GTL transforme le gaz naturel en carburants synthétiques à haute valeur ajoutée.
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La semaine dernière, le ministre ouzbek de l’Industrie, Laziz Kudratov, a rencontré des dirigeants de Sasol et exprimé l’intérêt de son pays pour des projets conjoints axés sur la transformation approfondie des ressources fossiles. Ces échanges s’inscrivent dans la continuité de discussions entamées le mois dernier dans la ville sud-africaine du Cap, confirmant une volonté de structurer une coopération progressive et technique.
Les discussions portent notamment sur une éventuelle participation de Sasol à des projets de conversion du charbon en oléfines (Coal-to-Olefins-CTO), ainsi que sur le développement des capacités du complexe gas-to-liquids Uzbekistan GTL, qui intègre notamment des technologies sous licence de Sasol. L’objectif est d’optimiser les rendements et de renforcer la valeur ajoutée des produits issus des ressources locales, en s’appuyant sur des procédés industriels avancés.
Le complexe Uzbekistan GTL constitue un élément structurant de cette dynamique industrielle. En juin dernier, il a achevé avec succès un test de performance confirmant sa capacité à fonctionner au-delà de sa capacité nominale d’environ 38 000 barils par jour. Cette performance valide la maturité opérationnelle du site ainsi que la qualité des produits, conformes aux standards internationaux, notamment pour le diesel et le kérosène de synthèse utilisable dans les mélanges de carburéacteur.
Sasol y fournit notamment sa technologie propriétaire SPD™ (Slurry Phase Distillate), reposant sur le procédé Fischer-Tropsch à basse température, qui permet de convertir le gaz naturel en carburants liquides à haute valeur ajoutée.
Au-delà de la fourniture technologique, Sasol se positionne comme un acteur de référence dans l’intégration de procédés industriels complexes, avec une expertise reconnue dans les chaînes de valeur gas-to-liquids et coal-to-chemicals. Présent dans plusieurs régions du monde, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 16,6 milliards de dollars (14,3 milliards d’euros) en 2024 et emploie plus de 28 000 personnes.
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Pour l’Ouzbékistan, les enjeux sont multiples. Le pays fait face à une baisse de sa production de gaz naturel et à une demande énergétique en hausse, ce qui l’incite à diversifier ses sources et à mieux valoriser ses ressources en amont. Parallèlement, la montée en puissance de la production charbonnière, estimée à 7,4 millions de tonnes en 2024, s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la sécurité énergétique, avec un objectif de 10 millions de tonnes à moyen terme. Dans ce cadre, les technologies de conversion, telles que celles développées par Sasol, permettent d’envisager la transformation de ressources fossiles en carburants synthétiques ou en produits chimiques, contribuant ainsi à une meilleure intégration industrielle.
Du côté de Sasol, cette coopération s’inscrit dans une stratégie d’internationalisation et de repositionnement de son portefeuille. Le groupe cherche à améliorer la rentabilité de sa branche chimique internationale, tout en explorant des options de valorisation, dont une éventuelle introduction en bourse à l’horizon 2030. L’amélioration des performances de ses projets internationaux et la démonstration de la robustesse de ses technologies constituent des leviers essentiels pour soutenir cette trajectoire.
Les perspectives de cette coopération dépendront de plusieurs facteurs. D’une part, la capacité des deux parties à structurer des projets viables sur les plans financier et technique, notamment dans le cadre du projet CTO et de l’expansion du complexe GTL. D’autre part, les conditions macroéconomiques, les besoins en financement et les arbitrages énergétiques de l’Ouzbékistan influenceront le rythme de mise en œuvre. Enfin, l’évolution des orientations industrielles de Sasol, dans un contexte de transition énergétique et de pression sur la rentabilité, jouera un rôle déterminant dans l’engagement du groupe sur le long terme.
Olivier de Souza, Agence Ecofin