En Afrique du Sud, de nouveaux allègements fiscaux pour soutenir les entreprises et les ménages

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Le ministre sud-africain des Finances, Enoch Godongwana.
Photo DR

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Le ministre sud-africain des Finances, Enoch Godongwana.
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Le ministre sud-africain des Finances, Enoch Godongwana, a présenté, le 25 février 2026, à Cape Town, plusieurs mesures fiscales visant à soutenir les ménages et les petites entreprises dans le cadre du budget 2026-2027.
Parmi les dispositions annoncées figure l’ajustement des tranches d’imposition sur le revenu et des abattements fiscaux afin de tenir compte de l’inflation et d’alléger la pression sur les contribuables.
Le gouvernement souhaite également renforcer l’épargne dans un pays où les niveaux d’investissement domestique restent jugés insuffisants pour soutenir une croissance durable.
« Pour encourager les Sud-Africains à épargner davantage, nous proposons de relever le plafond annuel d’investissement exonéré d’impôt de 36 000 à 46 000 rands [environ 1 869 à 2 388 euros, NDLR] », a déclaré le ministre.
Dans la même logique, la limite de déduction fiscale applicable aux cotisations retraite sera relevée de 350 000 à 430 000 rands (environ 18 172 à 22 326 euros), permettant d’augmenter les montants investis chaque année sans charge fiscale supplémentaire.
En Afrique du Sud, les petites et moyennes entreprises (PME) représentent plus de 90% des entreprises, génèrent environ 60% des emplois et contribuent à entre 34% et 40% du PIB. Toutefois, le secteur reste fragile, marqué par un accès limité au financement, un poids important de l’informalité et un taux d’échec élevé.
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Dans ce contexte, le nouveau budget prévoit également des mesures destinées à réduire les obligations administratives pesant sur les petites entreprises. Le seuil d’enregistrement obligatoire à la TVA sera porté de 1 million à 2,3 millions de rands. Par ailleurs, l’exonération d’impôt sur la plus-value lors de la vente d’une petite entreprise par des personnes âgées sera étendue aux sociétés valorisées jusqu’à 15 millions de rands contre 10 millions de rands auparavant.
Au-delà de ces mesures fiscales, le budget s’inscrit dans un cadre de dépenses publiques élevées. Les dépenses consolidées du gouvernement sud-africain devraient dépasser 2 670 milliards de rands (environ 138 milliards d'euros) pour l’exercice budgétaire 2026-2027. Une part importante de ces dépenses reste consacrée aux programmes sociaux, notamment l’éducation, la santé et les transferts sociaux destinés à soutenir les ménages les plus vulnérables.
Ces annonces interviennent dans un contexte de reprise progressive de l’économie sud-africaine. Le gouvernement table sur une croissance de 1,6% en 2026, après 0,4% en 2024, avec une accélération attendue autour de 2% d’ici 2028.
Selon Statistics South Africa (Stats SA), l’inflation a légèrement reculé à 3,5% en janvier 2026, contre 3,6% en décembre 2025, portée notamment par la stabilité des prix alimentaires et la baisse des coûts des carburants.
Malgré cette amélioration, de nombreux ménages estiment que leurs revenus restent insuffisants pour couvrir leurs besoins quotidiens. Dans ce contexte, le recul de l’inflation pourrait contribuer à réduire les coûts d’exploitation des entreprises et soutenir l’investissement ainsi que l’embauche. Le taux de chômage s’établissait à 31,9% au troisième trimestre 2025, en baisse de 1,3 point par rapport au trimestre précédent, selon les données de Stats SA.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin