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Île Maurice : la famille Lagesse soutient l’objectif rwandais de devenir un hub africain des investissements

Photo de Idriss Linge

Idriss Linge, Agence Ecofin

Publié le 24 mars 2026 à 17:39

Arnaud Lagesse, administrateur exécutif et CEO d’IBL Group.

Arnaud Lagesse, administrateur exécutif et CEO d’IBL Group.

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A travers DTOS Group, la famille mauricienne Lagesse accélère son positionnement au Rwanda, misant sur le pays comme futur centre de structuration des investissements en Afrique, dans un contexte de recomposition des flux financiers et de remise en cause des modèles offshore.

La famille Lagesse, à la tête du conglomérat mauricien IBL Group, semble vouloir positionner le Rwanda comme un nouveau centre de gestion des investissements ciblant l’Afrique, à travers sa filiale spécialisée, DTOS Group.

Société de services financiers basée à l’Île Maurice, DTOS accompagne les entreprises et investisseurs dans la création et la gestion de structures juridiques, notamment des sociétés, fonds d’investissement et trusts. Depuis quelques semaines, l’entreprise a intensifié sa communication autour du positionnement du Rwanda comme hub d’investissement africain.

Développer le secteur financier

« Alors que de plus en plus de fonds axés sur l’Afrique voient le jour, les institutions de financement du développement (IFD) et les gestionnaires de fonds sont encouragés à s’appuyer sur la juridiction rwandaise pour la constitution et l’administration de leurs fonds. Le Rwanda offre un environnement politique stable, des politiques économiques progressistes et une situation géographique stratégique, ce qui en fait une base attractive pour de nouvelles structures de fonds », a indiqué DTOS dans une publication sur LinkedIn datée du 3 mars 2026.

Cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par Kigali pour développer son secteur financier. En septembre 2024, DTOS Group a obtenu une première licence d’administration de fonds d’investissement délivrée par le régulateur local des marchés des capitaux, ainsi qu’une autre autorisation de la banque centrale. Pays enclavé et disposant de ressources naturelles limitées, le Rwanda a progressivement orienté sa stratégie de développement vers les services, notamment le tourisme de loisir et d’affaires, afin d’attirer des investissements et des revenus en devises. Selon le Conseil national de développement, le pays vise 1,1 milliard de dollars de recettes touristiques à l’horizon 2029, soit une progression de 70 % par rapport à 2024. Dans ce contexte, le positionnement sur les services financiers apparaît comme une extension logique de cette stratégie.

Concurrence africaine sur la structuration des investissements

Parallèlement, le marché africain des fonds d’investissement montre des signes de dynamisme. Selon Simon Turner, directeur Afrique de Hawksford, un fournisseur mondial de services fiduciaires et d’administration de fonds, le continent regagne en attractivité. Cette tendance s’explique notamment par des performances comparativement intéressantes face à certains marchés développés, où la croissance reste plus modérée, y compris sur des indices majeurs comme le S&P 500.  

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À cela s’ajoute une évolution du contexte réglementaire international. La nouvelle administration américaine a notamment incité certains gestionnaires de fonds à revoir leurs stratégies d’implantation, en limitant le recours à des structures offshore situées hors du continent africain, au profit d’une relocalisation partielle. Dans ce paysage, DTOS Group pourrait s’appuyer sur l’expérience de son principal actionnaire, IBL Group, acteur majeur de l’investissement à Maurice, coté sur la bourse locale et historiquement contrôlé par la famille Lagesse.

Le modèle mauricien, qui a permis à ce groupe de se déployer à l’international, pourrait ainsi servir de référence dans le développement de ses activités au Rwanda. Toutefois, le Rwanda ne sera pas seul sur ce segment. D’autres juridictions africaines dont Maurice, le Kenya ou encore l’Afrique du Sud et le Maroc, cherchent également à capter une part croissante des activités de structuration et d’administration des investissements destinés au continent. Dans ce contexte, la concurrence ne se limite pas à l’attractivité réglementaire ou à la stabilité économique. Elle pourrait aussi se jouer sur un autre terrain : celui de la répartition de la valeur générée. La capacité de ces places financières à transformer leur rôle d’intermédiation en retombées économiques locales — en termes d’emplois qualifiés, de recettes fiscales ou de financement de l’économie réelle — pourrait constituer un facteur déterminant dans leur positionnement à long terme.

Idriss Linge, Agence Ecofin

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