Dangote Group s’allie au chinois Baic Foton pour verdir sa logistique et optimiser ses coûts
Olivier de Souza, Agence Ecofin

Dangote Group déploie une flotte de 4 000 camions alimentés au GNC pour réduire sa dépendance aux transporteurs tiers.
DR
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Dangote Group déploie une flotte de 4 000 camions alimentés au GNC pour réduire sa dépendance aux transporteurs tiers.
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Le 2 mars, le milliardaire nigérian Aliko Dangote a signé à Pékin, avec les dirigeants du constructeur chinois Baic Foton, un deal d’achat de 1 000 camions de transport de marchandises. L’accord, facilité par le distributeur Kewalram Autos, vise à consolider le réseau de transport de Dangote Cement et à améliorer la distribution de ses produits à l’échelle du Nigeria et de l’Afrique subsaharienne. Kewalram Autos assurera un accompagnement complet, incluant le service après-vente et le développement d’infrastructures locales d’assemblage, afin de garantir la continuité des opérations.
La commande est principalement composée de tracteurs routiers et de semi-remorques fonctionnant au gaz naturel comprimé (GNC). Ces véhicules doivent accroître la capacité de transport de ciment tout en réduisant les coûts d’exploitation. Le choix du GNC est présenté par Dangote comme cohérent avec les objectifs de développement durable et l’agenda de transition énergétique du continent africains. Aucune information n’a cependant été donnée sur la valeur de la transaction et sur le calendrier de livraison des véhicules.
Le constructeur chinois a profité de l’occasion pour réaffirmer sa volonté de renforcer sa présence en Afrique, tandis qu'Aliko Dangote a salué ses avancées technologiques dans les véhicules commerciaux à énergie alternative.
Ce contrat s’inscrit dans une stratégie industrielle plus large engagée par le groupe. Depuis août 2025, Dangote a lancé la distribution directe de carburants et déploie une flotte de 4 000 camions alimentés au GNC pour réduire sa dépendance aux transporteurs tiers. Cette intégration verticale lui permet d’assurer lui-même le transport de ses produits, réduisant le recours à des prestataires externes et maîtrisant directement ses coûts logistiques. Ceci dans un contexte où le prix du carburant reste un facteur déterminant pour la compétitivité industrielle.
L’argument économique est central. Au Nigeria, le prix du litre de GNC est fixé à 230 nairas, soit environ 0,14 euros, contre plus de 0,55 euros pour l’essence. Cet écart crée un avantage immédiat pour les entreprises fortement consommatrices de carburant, en particulier dans le transport lourd. Le recours au GNC leur permet de réduire les dépenses opérationnelles tout en limitant les émissions de carbone liées à la logistique.
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Cette orientation s’appuie sur une politique publique clairement assumée. Le gouvernement nigérian a fait du GNC un pilier de sa stratégie énergétique à travers la Decade of Gas Initiative lancée en 2021 et poursuivie sous la présidence de Bola Tinubu. La suppression des subventions sur les carburants a renforcé la recherche d’alternatives plus abordables pour les ménages et les entreprises. En 2024, le pays a attiré environ 700 millions USD (environ 601,4 millions d'euros) d’investissements dans la monétisation du GNC, illustrant l’essor rapide de cette filière.
L’État accompagne cette dynamique par le déploiement d’infrastructures dédiées. 12 stations de ravitaillement ont déjà été mises en service à Lagos et Abuja, avec un objectif de 35 stations à l’échelle nationale. Un programme de conversion de 1 million de véhicules au GNC d’ici 2027 est également en cours. Des acteurs majeurs comme la société publique du pétrole (NNPC), Shell et NIPCO participent à cette structuration du marché.
L’accord entre Dangote et Baic Foton confirme la montée en puissance du GNC dans le transport lourd nigérian. Il traduit la confiance croissante des industriels dans une technologie soutenue par des politiques publiques et par des investissements ciblés. La principale incertitude reste la capacité du pays à développer suffisamment vite les infrastructures de ravitaillement pour accompagner la demande. Si ce défi est relevé, le GNC a le potentiel de s’imposer comme une énergie de référence pour la logistique industrielle.
Olivier de Souza, Agence Ecofin