En décembre 2025, Presco a acquis 10 000 ha de plantations dans l’État de Cross River pour augmenter sa base agricole et répondre à la hausse de la demande nigériane en huiles végétales.
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Le groupe agro-industriel Presco veut étendre son emprise dans l’huile de palme au Nigeria
Le Nigeria est le premier consommateur africain d’huile de palme. Face à la demande croissante qui crée de nombreuses opportunités, le secteur privé multiplie les investissements.
Le leader nigérian de l’huile de palme, Presco Plc, poursuit sa conquête du marché. Selon un communiqué publié le 13 mars par le gouvernement de l’Etat d’Abia, situé dans le sud du pays, un protocole d’accord doit être signé prochainement avec l’entreprise qui veut se lancer dans un nouveau projet dans l’oléagineux.
Concrètement, le plan d’investissement initial, estimé à 200 millions USD (environ 174,2 millions d'euros), prévoit le développement d’une plantation de 14 000 hectares de palmiers à huile et la construction d’usines de traitement. Dans le cadre du projet, trois zones, à savoir Ozuitem, Abam et Ulonna, ont déjà été identifiées comme sites potentiels pour accueillir ces nouvelles surfaces.
Selon les autorités, cette initiative pourrait générer plus de 5 000 emplois directs et indirects dans les plantations, la transformation, la logistique et les services connexes, avec un impact attendu sur l’emploi des jeunes, la réduction de l’exode rural et le dynamisme des communautés rurales.
Une montée en puissance
Jusqu’à présent, le groupe revendiquait des opérations industrielles et l’exploitation de 6 plantations de palmiers à huile, réparties principalement dans les États d’Edo, de Delta et de Rivers. Le projet d’Abia viendrait élargir son périmètre d’intervention vers le sudest et confirmer sa stratégie d’expansion récente.
En décembre 2025, Presco a acquis 10 000 hectares de plantations supplémentaires dans l’État de Cross River (Nsadop et Boki), pour augmenter sa base agricole et répondre à la hausse de la demande intérieure en huiles végétales. Un mois plus tôt, le groupe lançait une levée de fonds de plus de 236,7 milliards de nairas (environ 150 millions d'euros) destinée à financer l’extension de ses plantations et à l’accroissement de ses capacités industrielles.
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Plus récemment en janvier, le producteur d’huile de palme coté à la Bourse de Lagos était annoncé comme le bénéficiaire d’un apport de près de 86 millions d’euros de la part de SIAT NV, une société belge basée à Bruxelles. Selon la presse nigériane, cet investissement s’inscrivait dans un programme plus large qui pourrait atteindre 851 millions d’euros, injectés dans le groupe nigérian.
Une filière stratégique en pleine mutation
L’initiative de Presco dans l’État d’Abia s’inscrit dans un moment charnière pour la filière palmier à huile nigériane. Longtemps leader mondial, le Nigeria est désormais un importateur d’huile de palme, alors même que la demande domestique ne cesse de croître sous l’effet de la démographie, de l’urbanisation et du développement de l’industrie agroalimentaire. Le gouvernement et les acteurs privés cherchent donc à combler ce déficit structurel comblé par les achats depuis la Malaisie, en multipliant les projets d’expansion des plantations et des capacités de transformation.
En septembre 2025, l’État d’Akwa Ibom a annoncé un plan d’investissement de 31 milliards de nairas (environ 19,6 millions d'euros) à partir de 2026 pour financer la distribution de plants améliorés à haut rendement au profit des agriculteurs. Ce programme régional entre dans le cadre d’une stratégie nationale plus large, portée notamment par la National Palm Oil Development Strategy, qui prévoit la replantation de 1,5 million d’hectares de palmiers à huile dans 27 États d’ici 2030.
En parallèle, le pays cherche à structurer la filière sur le plan réglementaire et commercial. Un projet de système national de traçabilité pour l’huile de palme est en cours de mise en place, afin de répondre aux nouvelles exigences des marchés internationaux – notamment européens – en matière de durabilité, de lutte contre la déforestation et de transparence des chaînes d’approvisionnement.
Par ailleurs, le Nigeria ambitionne d’attirer au moins 300 millions USD (environ 261 millions d'euros) d’investissements étrangers supplémentaires dans la filière d’ici 2026, en ciblant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la plantation à la transformation, en passant par la logistique et le stockage.