Jusque-là Ambassadeur de France au Maroc après avoir notamment dirigé l’agence clé du développement international de l’économie hexagonale avec un accent sur l’Afrique, Christophe Lecourtier a la lourde tâche de conduire l’AFD, à un moment où la finance de développement mène une course de résistance.De Rabat à Paris, vers les pays en développement dont ceux du continent africain. Tel est l’itinéraire de Christophe Lecourtier qui quitte ses fonctions d’Ambassadeur de France au Maroc pour retrouver le siège parisien de l’Agence française de développement (AFD) au mois de mai en qualité de directeur général. Sa nomination a été annoncée par le patron sortant Rémy Rioux qui salue les compétences de son successeur : « Je sais qu’il saura relever, avec son talent et son expérience, les défis du moment ».
Christophe Lecourtier prend effectivement les rênes de l’AFD à un moment charnière, entre le recul du financement du développement après le retrait de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), la France qui a opéré d’importantes coupes dans son enveloppe dédiée au financement du développement tout en démontrant sa volonté de rester un partenaire, mais aussi les tensions géopolitiques qui s’accentuent avec l’actuelle guerre au Moyen-Orient, laquelle fragilise les routes alternatives de financement qui s’offraient au monde du développement.
Du Maroc au business français en Afrique, des défis affrontés
Mais faut-il dire que le nouveau patron de l’AFD est habitué aux défis ? Christophe Lecourtier achève ainsi trois ans passés à mener la représentation diplomatique française où il arrive en décembre 2022 en pleine brouille entre Paris et Rabat. Une réalité qui fera qu’il ne remettra ses lettres de créances au roi Mohammed VI qu’en octobre 2023. Mais l’histoire retiendra qu’il aura été au coeur de la réconciliation entre les deux pays, officialisée par la visite du président Emmanuel Macron reçu en grandes pompes à Rabat par le monarque et débouchant sur la signature de plusieurs accords économiques dont ceux avec Safran qui renforcent le pays nord-africain dans plusieurs industries mondiales dont l’aéronautique et le spatial. « Dans ces moments-là, les diplomaties choisissent souvent l’attente. Christophe LeCourtier a préféré ce que font les diplomates les plus solides : continuer à parler, à écouter, à expliquer », analyse dans une tribune publiée par Telquel Mohammed Abdi, spécialiste des politiques publiques Le diplomate français « est devenu progressivement mais sûrement l’un des artisans du nouveau chapitre qui s’ouvre aujourd’hui entre la France et le Maroc », ajoute-t-il.