Riche en gaz et minerais, le Mozambique cherche depuis plusieurs années à mieux convertir ses ressources naturelles en croissance industrielle et en emplois locaux.
Le Mozambique veut rompre avec un modèle économique centré sur l’exportation des matières premières. Lors de la 12e édition de la Mozambique Mining and Energy Conference and Exhibition (MMEC), organisée les 6 et 7 mai à Maputo, le président Daniel Chapo a annoncé un « changement de paradigme » visant à transformer les richesses naturelles du pays en leviers d’industrialisation, d’emplois et de diversification économique.
« Le Mozambique ne se résignera pas à être seulement un exportateur de matières premières », a déclaré le dirigeant. Selon lui, la valeur des ressources naturelles ne doit plus être mesurée uniquement par les volumes extraits, mais par leur capacité à créer de l’activité industrielle et des bénéfices économiques durables pour la population.
Cette nouvelle orientation concerne aussi bien les hydrocarbures que les minerais. Le gouvernement veut désormais que « chaque tonne extraite, chaque molécule de gaz produite et chaque mégawatt généré » se traduise par des emplois, des infrastructures, du savoir-faire local et davantage d’opportunités économiques.
Réformes et transformation locale au cœur de la stratégie
Pour soutenir cette stratégie, Maputo a engagé une révision des lois encadrant les secteurs minier, pétrolier et du contenu local. L’objectif affiché est d’augmenter les retombées internes des projets extractifs, notamment via la transformation locale des ressources et une participation plus importante des entreprises mozambicaines dans les chaînes de valeur.
Le gaz naturel occupe une place centrale dans cette vision. Les autorités veulent faire du secteur gazier un moteur d’industrialisation et non plus seulement une source de revenus d’exportation. Le Natural Gas Master Plan prévoit ainsi le développement d’infrastructures stratégiques et de corridors énergétiques destinés à connecter les différentes régions du pays et à améliorer l’accès à l’énergie pour les ménages et les industries.
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Cette stratégie intervient alors que le Mozambique dispose d’importantes ressources énergétiques et minières. Selon l’Energy Information Administration (EIA) des États-Unis, le bassin de Rovuma renfermerait plus de 100 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel, faisant du Mozambique l’un des principaux détenteurs de ressources gazières du continent derrière le Nigeria et l’Algérie. Le pays figure également parmi les principaux producteurs mondiaux de graphite naturel et possède des réserves de charbon et de titane.
Des défis industriels et sociaux persistants
Malgré ce potentiel, les retombées économiques restent limitées. L’économie mozambicaine reste peu industrialisée et dépendante des exportations de matières premières.
La fermeture récente de l’usine d’aluminium Mozal illustre ces fragilités. Après plusieurs années de négociations infructueuses sur les coûts de l’approvisionnement en électricité, South32 a suspendu les activités du site, qui représentait près de 5 000 emplois et plus de 3 % du PIB du Mozambique.
Dans ce contexte, la reprise du projet Mozambique LNG de TotalEnergies est présentée par les autorités comme un signal important pour l’investissement et l’emploi. Suspendu depuis 2021 à cause des attaques djihadistes dans la province de Cabo Delgado, le projet a redémarré en janvier 2026. TotalEnergies a indiqué que les contrats attribués aux entreprises locales pourraient dépasser 4 milliards de dollars (3,39 milliards d’euros) et générer jusqu’à 7 000 emplois directs pendant la phase de construction.
Au-delà des projets énergétiques, le gouvernement veut aussi renforcer l’intégration régionale et développer des infrastructures logistiques, portuaires et ferroviaires capables de positionner le Mozambique comme un hub économique en Afrique australe.
Pour Daniel Chapo, l’enjeu est désormais de transformer les engagements en résultats concrets. Le président a insisté sur la nécessité de privilégier des partenariats « sérieux et responsables », tout en veillant à ce que l’exploitation des ressources reste socialement responsable et conforme aux normes environnementales.