Le loyer de l’argent est tombé à 3,75 % outre-Manche ce jeudi. Si la BoE tente de ranimer une économie britannique en berne, la décision a été prise de justesse. Un virage pro-croissance qui souligne le fossé avec la BCE, arc-boutée sur la stabilité.
Le suspense a pris fin à 13 heures (heure de Paris). Après deux statu quo consécutifs, la Banque d’Angleterre (BoE) a acté ce jeudi une baisse de son taux directeur de 25 points de base, le ramenant à 3,75 %, son plus bas niveau depuis près de trois ans. Cette décision, bien qu'anticipée, répond à une urgence : l’économie britannique s'enfonce dans le rouge avec un PIB en recul de 0,1 % en octobre, réitérant la contre-performance de septembre.
Un vote sur le fil du rasoir
Malgré l'étiquette de « cadeau de Noël » pour les ménages britanniques, la décision a révélé une institution profondément divisée. Le Comité de politique monétaire (MPC) a voté la baisse par une courte majorité de 5 voix contre 4.
« Nous avons dépassé le récent pic d'inflation et les taux sont sur une trajectoire descendante, a tempéré le gouverneur Andrew Bailey. Mais à chaque réduction, la question de l'ampleur des baisses à venir devient plus délicate. »
Cette fracture interne s'explique par une inflation qui, bien qu'en repli à 3,2 % en novembre (grâce à l'accalmie des prix alimentaires), demeure encore nettement au-dessus de la cible de 2 %. Pour les quatre membres dissidents, le risque de voir les prix repartir à la hausse — alimenté par un marché de l'emploi dégradé et des hausses d'impôts budgétaires — reste trop élevé.
Le contraste saisissant avec Francfort
À quelques centaines de kilomètres de Londres, l'ambiance à la Banque centrale européenne (BCE) est tout autre. Christine Lagarde devrait, sauf immense surprise, maintenir le taux de dépôt à 2 % ce jeudi. Contrairement à Londres, la zone euro bénéficie d’une dynamique des prix jugée équilibrée, rendant tout mouvement immédiat superflu. Pour Christine Lagarde, la politique monétaire actuelle est « bien positionnée », et le maintien du statu quo semble acquis pour la fin de l’année.
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