Après un passage gouvernemental, Michael Grimes revient chez Morgan Stanley pour piloter l'opération financière la plus massive jusqu'à présent : la mise en Bourse de SpaceX.
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PORTRAIT. Michael Grimes réintègre Morgan Stanley comme président de la banque d’investissement après une mission stratégique au département du Commerce. Ce retour marque une étape décisive pour l'introduction en Bourse de SpaceX, désormais valorisée à 1 250 milliards de dollars.
L’un des financiers les plus influents de la Silicon Valley reprend officiellement du service à l'épicentre de Wall Street. Michael Grimes, banquier historique et conseiller de confiance d'Elon Musk, vient d’être nommé président de la banque d'investissement chez Morgan Stanley. Son retour, acté ce début février 2026, intervient après une parenthèse d'une année au sein de l'administration américaine. Installé à Menlo Park, la « capitale du capital-risque », près de San Francisco, Grimes a désormais pour mission prioritaire de cultiver les relations avec les grands clients corporate, les fonds souverains et les acteurs du private equity.
Michael Grimes est l'un des rares interlocuteurs de la finance que le patron de SpaceX « tolère » véritablement. Leur relation, forgée sur plus de trois décennies, a déjà donné lieu à des opérations qui ont structuré l’empire Musk, notamment l'introduction en Bourse de Tesla en 2010 et le rachat mouvementé de Twitter pour 44 milliards de dollars en 2022. Grimes est réputé pour son immersion complète dans les projets de ses clients : le storytelling du financier raconte complaisamment qu'il n'avait pas hésité à devenir chauffeur Uber ou joueur de FarmVille pour s'imprégner des modèles économiques des entreprises qu'il accompagnait lors de leurs cotations respectives.
De l'administration publique aux enjeux de la Silicon Valley
Le départ de Michael Grimes de la sphère publique marque la fin d'une séquence singulière au département du Commerce. En 2025, il avait quitté Morgan Stanley pour diriger l'Investment Accelerator, un bras financier public chargé de stimuler les investissements dans le secteur privé. Dans ce rôle de conseiller senior sous l'égide de Howard Lutnick, il a notamment supervisé l'initiative « Invest in America » et orchestré des dossiers stratégiques complexes, tels que la prise de participation de l'État fédéral dans Intel ou les réflexions sur la privatisation de Fannie Mae et Freddie Mac.
Alors que de nombreux observateurs de Wall Street s'interrogeaient sur sa volonté de rester durablement à Washington, l'appel des marchés financiers et les perspectives de commissions massives ont manifestement pesé dans la balance. Sa réintégration coïncide avec une année 2026 qui s'annonce comme l'une des plus fastes pour les introductions en Bourse technologiques. Avec des géants comme OpenAI ou Anthropic qui envisagent également leur cotation, le rôle de Grimes chez Morgan Stanley lui confère une autorité naturelle pour capter ces flux de capitaux massifs.
SpaceX et xAI : la naissance d'un géant à 1 250 milliards de dollars
Le dossier prioritaire de Michael Grimes est sans conteste l'introduction en Bourse de SpaceX. La société d'exploration spatiale a franchi un cap financier inédit la semaine dernière en fusionnant avec xAI, la start-up d'intelligence artificielle également fondée par Elon Musk. Cette union propulse la valorisation du groupe à environ 1 250 milliards de dollars. Une telle capitalisation ferait de l'introduction en Bourse de SpaceX l'opération la plus importante de toute l'histoire financière mondiale, dépassant les records établis par les géants de l'énergie ou de la tech.
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Les besoins en capitaux de SpaceX sont à la mesure de ses ambitions interplanétaires. L'entreprise prévoit de lever des dizaines de milliards de dollars, avec des estimations internes circulant autour de 40 milliards, afin de financer ses projets d'infrastructure lourde : le déploiement de centres de données dans l'espace, l'expansion de la constellation Starlink et les plans de colonisation lunaire. Une opération d'une telle envergure pourrait générer des commissions bancaires s'élevant à environ 400 millions de dollars, à répartir entre un pool restreint d'une douzaine d'établissements financiers.
Morgan Stanley verrouille son leadership face à la concurrence
En rappelant son « rainmaker » (faiseur de miracles) historique, Morgan Stanley consolide sa position de chef de file pour l'entrée en Bourse de SpaceX face à ses rivaux directs que sont Bank of America, JPMorgan Chase et Goldman Sachs. La proximité de Michael Grimes avec l’écosystème Musk constitue un actif stratégique déterminant. Les liens entre la banque et les affaires du milliardaire sont d'ailleurs profonds : Jared Birchall, le gestionnaire de fortune de Musk, ainsi qu'Anthony Armstrong, directeur financier de xAI, sont tous deux des anciens cadres de Morgan Stanley.
Le calendrier opérationnel semble s'accélérer sous l'impulsion de ce retour. Michael Grimes est connu pour sa capacité à naviguer au rythme imposé par Elon Musk — une cadence mesurée en minutes et en heures plutôt qu'en jours, comme cela fut le cas lors du rachat de Twitter. Désormais chairman of investment banking, Grimes est en position de force pour orchestrer ce qui s'annonce comme le point d'orgue de sa carrière de banquier d'affaires.
[Correction : nous avons écrit par erreur que la valorisation de l'ensemble s'élevait à « 1,25 trillion de dollars », soit 1 000 fois trop. 1 250 milliards est déjà énorme]