Intelligence artificielle : « Apple ne cherche pas à gagner la course à la taille, mais la course à l’efficacité »

Apple a une stratégie bien différente des autres géants de la tech concernant l’IA.
Reuters

Apple a une stratégie bien différente des autres géants de la tech concernant l’IA.
Reuters
Parfois, en faire moins, c’est mieux ! Alors que les géants de la tech américaine ont investi plus de 300 milliards de dollars dans l’infrastructure d’IA en 2025, un acteur détonne : Apple. Les dépenses d’investissement d’Apple dans cette nouvelle technologie ont diminué de 19 % sur un an pour atteindre 2,37 milliards de dollars au premier trimestre (clos fin décembre 2025) de son exercice décalé.
Il faut dire que la course à l’IA coûte de plus en plus cher. Selon les données de Reuters, Amazon, Alphabet, Microsoft et Meta investiront 630 milliards de dollars en 2026, soit deux fois plus que l’année passée.
Face à des montants colossaux, le moindre grain de sable dans les perspectives de croissance est lourdement sanctionné par les investisseurs. Ainsi, Microsoft a reçu la foudre des investisseurs le 29 janvier, après avoir annoncé une croissance de 36 % de son activité cloud en 2025, contre 40 % attendus. Une très légère sous-performance qui a fait plonger le titre du géant de 12 % en Bourse au lendemain de sa publication de ses résultats.
Une sévère correction qu’a aussi subie Amazon le 6 février après avoir annoncé vouloir investir 200 milliards de dollars en 2026. Un chiffre record qui a inquiété les investisseurs. « Ils se demandent si les entreprises réussiront à rentabiliser leurs investissements, notamment celles qui empruntent beaucoup », mettait en garde Antoine Fraysse-Soulier, analyste chez le courtier eToro, dans un entretien accordé à La Tribune le 13 février.
L’entreprise de Tim Cook, elle, se place à rebours de ces frénésies d'investissement. Le géant se concentre sur l’implémentation des robots conversationnels et des outils de retouche photo intelligents dans ses deux milliards d’appareils éparpillés autour de la planète. Pour cela, il a fait un partenariat avec OpenAI (ChatGPT) pour alimenter son système Apple Intelligence, qui dope les iPhone à l’IA. La firme de Cupertino a aussi signé un accord de 1 milliard de dollars avec Google pour utiliser son robot Gemini (plutôt qu’un modèle interne) pour alimenter la prochaine génération de Siri et d’Apple Intelligence.
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« Si ce pari est correct, Apple pourrait préserver ses marges et éviter les excès du cycle », note John Plassard. Grâce à sa frugalité, l’entreprise génère un flux de trésorerie disponible supérieur à celui de tous ses concurrents. Et cette gestion au cordeau qui a été récompensée par les investisseurs. Le 30 janvier, au lendemain de la publication de ses résultats du premier trimestre, son action a grimpé de 4 %.
À long terme, en revanche, la stratégie d’Apple divise.
Une mise en garde qui rejoint celle du patron d’Alphabet, Sundar Pichai, qui avait affirmé, en juillet dernier, que « le risque de sous-investir est considérablement plus élevé que celui de surinvestir. »