En France, l'assurance-vie reste encore très exposée aux énergies fossiles

Dans son étude, l'ONG Reclaim finance a étudié le catalogue de 27 assureurs vie français, parmi eux des grands noms.
Sahal Muhammed - REUTERS - Agustin Marcarian

Dans son étude, l'ONG Reclaim finance a étudié le catalogue de 27 assureurs vie français, parmi eux des grands noms.
Sahal Muhammed - REUTERS - Agustin Marcarian
Aux côtés du livret A, l'assurance-vie est devenue le produit d'épargne préféré des Français. Mais celle-ci a un coût carbone caché, autrement dit, elle finance encore beaucoup les énergies fossiles.
C'est ce qu'a constaté Reclaim finance dans une nouvelle étude publiée ce jeudi. Pour arriver à cette conclusion, l'ONG a étudié le catalogue de 27 assureurs vie français, totalisant 7 500 fonds en unités de compte (actions, obligations et actifs diversifiés). Bien que plus risqués que leurs homologues en fonds euros, ces dernières années les assurances-vie en unités de compte (UC) sont devenues très populaires auprès des Français.
Premier chiffre particulièrement illustrant de l'étude : près des deux tiers (62 %) des supports d’investissement analysés « contiennent au moins une entreprise développant de nouveaux projets de pétrole, gaz ou charbon, un chiffre semblable à 2024 », rapporte l’ONG.
Et, fait qui peut paraître étonnant : un certain nombre de produits d'assurance-vie UC étiquetée comme « durables » ou « responsables » ne le sont pas vraiment. Selon Reclaim, « près de la moitié » (47 %) de ces fonds contient « un développeur d'énergie fossile ». Ce qui expose un certain nombre d'épargnants à « un risque de greenwashing », déplore l'ONG.
Parmi les établissements proposant des assurances-vie en UC épinglés par Reclaim, figurent des grands noms du secteur : Groupama Gan, HSBC Assurances, Allianz, Crédit Agricole Assurances, Axa, Generali, Société Générale, Matmut, BNP Paribas Cardif ou encore Swiss Life.
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Dans les bons élèves, le rapport note que des nouveaux établissements comme Goodvest ou Green-Got, proposent « une offre sans développeurs d’énergies fossiles ». Bon point aussi pour BPCE Assurances : en 2025, l'assureur a arrêté tout nouveau référencement en UC pour les fonds encore exposés à des entreprises développant de nouveaux projets de charbon et certains projets de pétrole et de gaz. De progrès sur l'exposition au charbon sont aussi notés par l'ONG en ce qui concerne la Macif, la MAIF ou encore SMA Vie.
Dans un communiqué, Ariel le Bourdonnec, chargé de campagne Assurance chez Reclaim Finance, résume la situation avec sévérité : « Notre analyse montre qu’il est très difficile pour les épargnants d’avoir une assurance-vie sans entreprise à l’impact dévastateur pour la planète ».
De son côté, France Assureurs a réagi ce jeudi matin auprès de l'AFP. Soulignant la capacité du rapport à mettre en lumière l'enjeu réel de « mieux aligner l’épargne des Français avec les objectifs climatiques », la fédération pointe néanmoins une analyse qui « repose sur un comptage du nombre de fonds référencés et non sur les montants réellement investis par les épargnants ».
Comme première solution proposée par Reclaim finance afin de remédier au problème, figure, en toute logique, l'arrêt de l'exposition aux fossiles des fonds en unités de compte. Un travail qui selon elle est déjà entamé chez les fonds euro. Or, les fonds en UC représentent près de 40 % de la collecte annuelle brute d’assurance-vie. Autre levier possible : « une meilleure sélection des sociétés de gestion partenaires » des établissements proposant des assurances-vie.