Comment les blouses blanches mettent la chirurgie au vert
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Le projet Green Bloc a été lancé par l'Agence régionale de santé Normandie. Une vingtaine d'hôpitaux sont engagés.
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Le projet Green Bloc a été lancé par l'Agence régionale de santé Normandie. Une vingtaine d'hôpitaux sont engagés.
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Les tuyaux qui acheminaient le protoxyde d’azote, le fameux gaz hilarant, jusqu’aux 15 blocs opératoires de l’hôpital Jacques Monod du Havre, courent encore sur les murs des salles. Mais plus aucune molécule de ce gaz à fort potentiel de réchauffement (il est 265 fois plus polluant que le CO2) n’y circule. L’établissement a mis fin au contrat d’approvisionnement et d’entretien de son réseau, soulageant au passage ses dépenses courantes sans que les patients aient à en souffrir.
« On ne consommait que 10% du flux facturé. Les 90% restants partaient dans l’atmosphère à cause des fuites ou lors des opérations de maintenance ce qui est loin d’être inhabituel dans les hôpitaux », explique Etienne Allard, responsable du service anesthésie. La Fédération hospitalière de France appelle d’ailleurs à éradiquer ces réseaux très « fuyards » au nom du changement climatique. Au Havre, la bascule est manifestement passée comme une lettre à la poste. Les rares praticiens qui utilisent encore le protoxyde d’azote ont recours à des bouteilles, nettement moins coûteuses.
Comme une vingtaine d’autres en Normandie, l’hôpital Monod est engagé dans le projet Green Bloc mis en orbite l’an dernier par l’Agence régionale de santé (ARS) dans l’espoir de « verdir » les blocs opératoires. « Ce sont de gros pourvoyeurs de gaz à effet de serre, rappelle Pascal Lemieux qui pilote la feuille de route régionale pour la transition au sein de l’ARS. Ils sont responsables du quart des émissions des établissements hospitaliers qui eux-mêmes pèsent pour environ 3% du total des émissions nationales, tous secteurs confondus ».
Exemple parmi d’autres : une opération chirurgicale génère en moyenne 27 kilos de déchets, autant que ce que produit une famille de quatre personnes en une semaine. Aussi, les réduire est-il désormais érigé en priorité dans les salles d’intervention havraises où les blouses blanches ont abandonné les vêtements en papier pour des tenues et des calots lavables. Une amélioration saluée par Constance Piedeloup, infirmière. «Un bloc, c’est une ville dans la ville. 85 personnes y passent dans une journée, cinq jours sur sept. Imaginez la quantité de blouses jetables que cela représentait quotidiennement ».
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