Dans un contexte de changement climatique, et alors que les régions méditerranéennes sont sous fortes pressions caniculaires, la question de l’eau est de plus en plus cruciale. Pourtant, à Montpellier et ses environs, l’heure est plutôt à la sérénité concernant l’alimentation en eau potable. En cause : une exception géologique favorable.
C’est contre-intuitif : dans le département méditerranéen de l’Hérault, soumis à de fortes canicules et à des périodes de sécheresse récurrentes, la ressource en eau potable de la ville de Montpellier n’est pas menacée. La source du Lez, à Saint-Clément-de-Rivière, est la propriété de la Ville depuis 1952 et une usine de captage y a été construite en 1982 pour capter l’eau à 40 mètres sous terre suivant une capacité autorisée de pompage de 1 700 litres/seconde. Cette source, gérée par une régie publique depuis 2015, alimente en eau potable la ville de Montpellier et treize communes environnantes, soit 330 000 habitants.
Comment la métropole méditerranéenne réussit-elle l’exploit de sécuriser ses enjeux hydriques dans un contexte de changement climatique ? Grâce à un atout géologique majeur : une zone karstique.
« Il s’agit d’une roche calcaire fissurée dans laquelle l’eau a créé de l’érosion, des élargissements, des fractures, et donc des conduits et des grottes, explique Hervé Jourde, hydrogéologue et professeur à l'université de Montpellier. L’eau s’infiltre et est stockée dans ce gruyère. Aujourd’hui (29 septembre, NDLR), l’écoulement émanant de la source est vide, c’est normal, mais les réserves seront reconstituées à l’automne avec les épisodes cévenols. »
Des aquifères favorables
Ces épisodes de pluies extrêmes, traités comme un risque météorologique car dangereux par leur intensité, se révèlent un atout magnifique pour remplir les cavités souterraines autour de la source du Lez. Ce qui n’est pas le cas partout : « Les aquifères répondent différemment aux précipitations, et dans d’autres régions comme au nord de la France, il faut beaucoup plus de temps pour que l’eau s’infiltre et reconstitue les réserves », étaye Yves Tramblay, hydrologue à l'IRD et auteur du chapitre du rapport du GIEC sur la région méditerranéenne.
L’eau pompée à la source du Lez va aussi soutenir le bon état écologique des hydrosystèmes naturels en aval de la source (le Lez en particulier) afin de garder un niveau minimal d’eau dans le fleuve. Le niveau d’étiage est sous haute surveillance, surtout l’été pour subvenir aux usages estivaux (piscines, arrosage de jardins, lavages de voitures). Avec une solution alternative en cas de tension trop forte.
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