LES GUERRES DE L'EAU (3/7) - Dans les Pyrénées-Orientales, le désert avance
Alexandre Duyck
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

À l’ouest de Perpignan, le lac de Vinça en partie asséché, en mai 2023.
© LTD / Arnaud Le Vu/Hans Lucas via AFP
Alexandre Duyck
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

À l’ouest de Perpignan, le lac de Vinça en partie asséché, en mai 2023.
© LTD / Arnaud Le Vu/Hans Lucas via AFP
Nous sommes à la mi-juin, l'été approche. Comme tous les ans, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dresse un bilan de l'état des nappes phréatiques à travers la France. Ces dernières années, notamment lors du terrible été 2022, la situation a été très souvent mauvaise voire catastrophique, mais cette fois-ci, du fait des énormes pluies de l'hiver et du printemps, elle s'est grandement améliorée.
Au 1er juin, 70 % des nappes de l'Hexagone affichaient des niveaux au-dessus des normales, annonce le BRGM. L'institut précise même que la situation a continué de s'améliorer et présente un état globalement « très satisfaisant », laissant « entrevoir une période estivale moins difficile que l'an dernier ». Enfin des voyants au vert après le scénario tendu des deux derniers étés. Partout sauf dans trois départements français : les deux de Corse et, pire encore, les Pyrénées-Orientales.
À lire également
Dans celui-ci (491 000 habitants), la situation ne fait que s'aggraver d'année en année. Cet hiver, les médias ont beaucoup évoqué l'état catastrophique de la Catalogne côté espagnol, avec ces images spectaculaires de cargos apportant de l'eau. Mais côté français, le constat est peu ou prou le même. En janvier, une prise de vue a stupéfié. Touché par une sécheresse inédite, le département des Pyrénées-Orientales a été photographié par satellite. En quelques années, la désertification s'est accélérée. « Des terres arides, un sol asséché et des images qui témoignent de la situation urgente dans laquelle se trouvent les Pyrénées-Orientales, écrit le média en ligne Actu Perpignan. Depuis l'espace, le satellite Sentinel-2, du programme européen Copernicus, a publié une photo comparative de la plaine du Roussillon, entre 2021 et 2024. En manque d'eau et privé de grosses pluies depuis trois ans, le paysage du département a complètement évolué. [...] En janvier 2021, les contours des villes et des habitations sont bien dessinés, au milieu de terres majoritairement vertes. » Trois ans plus tard, le constat n'est plus du tout le même. L'ocre, le brûlé ont tout envahi. « Nous assistons probablement à la première catastrophe agricole et environnementale de sécheresse majeure due au changement climatique, à savoir une mortalité accrue de l'ensemble des espèces présentes sur le territoire », déclare Serge Zaka, ingénieur agronome et docteur en agroclimatologie.
Alexandre Duyck