Le géant de l’eau coté au CAC 40 et son rival défendent le modèle de la délégation de service public à six mois du scrutin local.À la question soumise à 2 252 Français : « Si vous étiez maire de votre commune, comment prioriseriez-vous le budget ? », posée par l'institut de sondage Elabe pour la major coté au CAC 40 Veolia, 78 % évoquent la production et la distribution de l'eau potable et 33 % les érigent en priorité. Sauf que les mêmes ignorent, dans le même temps et dans leur grande majorité, ce que signifient une régie - la gestion d'un service public assurée par les agents locaux - et une délégation de service public, une concession de service conclue entre une collectivité territoriale et un organisme privé.
Des exagérations volontaires
« Dans une délégation de service public, les ouvrages et les ressources restent toujours la propriété des collectivités territoriales. Le rôle de l'opérateur est défini par un cahier des charges et des indicateurs », a commenté, ce mercredi matin lors d'un petit déjeuner de presse, Jean-François Nogrette, directeur de la zone France et déchets spéciaux de Veolia. Aussi se refuse-t-il à parler de privatisation de l'eau, « une exagération volontaire, un discours qui a un impact fort car détournant l'opinion de la santé, du pouvoir d'achat et de la continuité du service public ».
« Dans les années 1980-début des années 1990, je travaillais dans les collectivités et il fallait tout confier au privé pour être économe en matière d'argent public. Puis, cela a basculé dans l'autre sens aux municipales de 2008, pour des raisons idéologiques. Aujourd'hui, La France insoumise prône le retour systématique de l'eau en régie en vue des élections de 2026 »,rit jaune Arnaud Bazire, directeur général Eau France chez Suez.
Et pour cause : ladite étude montre que le vote est la variable qui a le plus d'effet sur l'image prix de l'eau. 61 % des électeurs du Rassemblement national pensent ainsi qu'il est trop élevé, contrairement à 37 % des votants pour Ensemble pour la République. Or, selon le très institutionnel Sispea, l'Observatoire national des services d'eau et assainissement, les régies ont multiplié deux fois plus vite leurs prix que les délégataires de service public (DSP), rétorque Jean-François Nogrette de Veolia.