Les PFAS et autres polluants pourraient faire doubler la facture d'eau
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Depuis quelques années, les défenseurs de l'environnement alertaient déjà sur l'impact de cette bombe à retardement. L'Anses vient pour la première fois de le reconnaître officiellement: les PFAS, des molécules synthétiques susceptibles de persister dans la nature pendant plusieurs générations, sont partout, et devraient être mieux surveillés. C'est le résultat d'une étude menée, pendant deux ans, sur quelque 250 PFAS : une petite partie des milliers de molécules quotidiennement utilisées par l'industrie pour rendre ses produits antiadhésifs, imperméables ou résistants à la chaleur.
L'eau consommée par les Français, y compris du robinet, ne fait pas exception: les PFAS y sont présents, parfois même à des concentrations préoccupantes, confirme l'Anses. Ils représentent donc un défi énorme pour les collectivités locales, responsables -directement ou via leurs délégataires- de la distribution voire de la production de l'eau potable. Ils alertent publiquement sur les surcoûts qu'ils pourraient engendrer.
A partir du 1er janvier 2026, en vertu de la Directive européenne sur les eaux destinées à la consommation humaine de 2020, ces collectivités devront en effet intégrer la recherche d'une vingtaine de PFAS dans leurs contrôles sanitaires de routine. Elles devront garantir que l'eau distribuée ne dépasse pas une nouvelle limite de qualité et, en cas de violation, elles seront tenues de mettre en œuvre des mesures correctives.
Le respect de cette obligation s'annonce très complexe et cher. La tâche est non seulement nouvelle, mais aussi susceptible d'évoluer, puisque « la liste des molécules n'est pas stable », souligne Franco Novelli, expert technique au département « Cycle de l’eau » de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régie (FNCCR). L'efficacité des divers moyens de traitement n'est en outre pas encore établie, note-t-il.
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