Alimentation : l’imbroglio continue avec la stratégie nationale
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L'entente interministérielle sur la Snanc ne s'est visiblement pas améliorée.
/FW1HFS/Kirsten Donovan - REUTERS - MATHIEU ROSEMAIN
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L'entente interministérielle sur la Snanc ne s'est visiblement pas améliorée.
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« On craignait que la montagne accouche d'une souris. Elle n'a finalement pas accouché du tout ». C'est ainsi que l'Union nationale des associations agréées du système de santé (France Assos Santé) exprime, par la voix de sa chargée de plaidoyer, Stéphanie Pierre, sa surprise et sa déception face à l'énième cafouillage autour de la Stratégie nationale alimentation, nutrition climat (Snanc).
Demandé par la Convention citoyenne sur le climat en 2020, puis prévu dans la loi Climat et résilience de 2021, ce document, promis pour juillet 2023, devait enfin être publié ce vendredi à 14h, avec plus de deux ans de retard. Un briefing avait déjà été tenu en amont pour les journalistes, et un déplacement en Val-de-Marne était prévu pour que la stratégie soit présentée officiellement par les trois ministres concernées : Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, et Stéphanie Rist, ministre de la Santé. Le texte qui devait être publié avait eu l'aval de Matignon, avaient confirmé hier les trois ministères. Mais dès hier soir, le déplacement des ministres a été « annulé et reporté ». Et tout au long de la journée, rien n'a été officiellement publié.
Premier document censé réunir les grandes orientations politiques du gouvernement autour des questions nutritionnelles, alimentaires et climatiques à horizon 2030, la Snanc était pourtant très attendue par la société civile. La consultation publique dont elle avait fait l'objet avait d'ailleurs réuni plus de 4 000 contributions, qui étaient venues s'ajouter aux avis des Conseils nationaux de la transition écologique (CNTE), de l'alimentation (CNA), de la santé (CNS) et de lutte contre la pauvreté (CNLE).
Les désaccords entre les trois ministères impliqués ont toutefois rendu son élaboration particulièrement laborieuse. Jusqu'à ce que, en septembre dernier, son blocage in extremis par Matignon suscite l'indignation. Quelques heures avant sa chute, le Premier ministre, François Bayrou, avait en effet refusé de fixer comme objectif une « réduction » de la consommation de viande, pourtant validé lors d'une ultime réunion interministérielle. Il voulait le remplacer par « une consommation de viande équilibrée ».