Dermatose nodulaire : pourquoi les exportations de bovins piègent la France
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1,4 million de bovins français sont exportés chaque année, essentiellement vers l'Italie.
MAHE/SAA/ - REUTERS - Stephane Mahe
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1,4 million de bovins français sont exportés chaque année, essentiellement vers l'Italie.
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Préserver le statut de « zone indemne » de la France: c'est surtout pour cette raison que le ministère de l'Agriculture rechigne à étendre à tous les 15,7 millions de bovins français la vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse, malgré l'insistance des agriculteurs en colère.
Alors que généraliser la vaccination prendrait sans doute plusieurs mois, à cause de l'indisponibilité immédiate des vaccins en quantité suffisante mais aussi des temps vétérinaires, une telle décision aurait en revanche un effet immédiat : rendre impossibles les exportations françaises à l'étranger pendant au moins huit mois, ou jusqu'à l'éventuelle conclusion d'accords bilatéraux avec les pays partenaires, fait valoir Annie Genevard, la ministre de l'Agriculture.
Or, l'élevage bovin français dépend trop structurellement de ces exportations pour prendre un tel risque, conviennent les syndicats agricoles majoritaires, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. 1,4 million de bovins français sont en effet exportés chaque année, essentiellement vers l'Italie (76 % en valeur) et l'Espagne (15 % en valeur) où, après avoir été engraissés, ils sont abattus et consommés sur place.
En 2024, ce commerce a rapporté 1,7 milliard d'euros à la France, et en 2025, grâce à l'augmentation des prix des bovins, sa valeur pourrait même atteindre 2,5 milliards d'euros, selon l'Institut de l'élevage (Idele). A titre de comparaison, les 4 millions de bovins abattus chaque année en France rapportent, eux, 8 milliards d'euros: « Environ 23 % de la valeur de la production bovine française sortie ferme vient donc des exportations », résume Boris Duflot, adjoint à la direction du département Economie de l'Idele.
La raison de ce flux constant ? Le fait qu'« en France, on ne mange pas ce qu'on produit », explique Patrick Veysset, ingénieur de recherche à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). 84 % de la viande consommée en France est en effet celle de femelles âgées de plus de 30 mois, préférée par les Français car plus rouge et plus grasse que celle de jeunes mâles non castrés.
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