Grippe aviaire : la vaccination n’empêche pas totalement la déconsommation du foie gras
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Des canards mulard dans le Sud-Ouest, principal bassin de production du foie gras.
Cifog
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Des canards mulard dans le Sud-Ouest, principal bassin de production du foie gras.
Cifog
Le 30 septembre, la deuxième campagne annuelle de vaccination de la grippe aviaire s’est clôturée sur des résultats positifs. Le nombre de foyers de contamination a été réduit de 96 % selon l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Dès le lendemain, la troisième vague a été lancée. Dans l’organisation, rien ne change : 60 millions de canards doivent être vaccinés et suivis. Mais une nouvelle donne est arrivée, et pas des moindres pour les éleveurs : l’État ne prend plus en charge 70 mais 40 % du coût financier.
Il incombe désormais uniquement aux exploitations d’acheter les doses. Deux vaccins sont toujours autorisés, celui du laboratoire français Ceva Santé Animale et celui de l’allemand Boehringer Ingelheim. Le coût global de la campagne est estimé à 100 millions d’euros, dont un quart pour l’achat des doses, un quart pour leur administration et la moitié pour le suivi des animaux. Une charge de 60 millions d’euros pèse donc sur 2 700 élevages, bien en deçà des dégâts causés par la grippe aviaire avant vaccination avec un préjudice qui dépassait le milliard.
La profession ne saute pourtant pas au plafond. « C’est une répartition très difficile à assumer, sur un marché qui n’est pas forcément si simple que ça. Depuis le début d’année, on essaie de travailler en collaboration avec l’État sur les économies que l’on peut faire », relaie Fabien Chevalier, président du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog). Deux doses doivent être administrées par animal, trois pour les spécimens les plus âgés. Un nouveau règlement européen pourrait permettre d’assouplir les conditions d’administration des vaccins et d’encourager d’autres pays à s’y mettre. La France est toujours la seule à s’être engagée sur la vaccination face à une épizootie d’ampleur mondiale qui présente un risque de transmission à l’être humain.