Le pays de Quimperlé recense plus de 900 kilomètres de rivières et de ruisseaux. Proche des cultures, ce patrimoine hydraulique est la principale source d’eau potable pour la population.
En 2025, la qualité des eaux bretonnes s’est dégradée sous l’effet des activités liées aux pesticides, aux produits chimiques, de la forte pluviosité et du changement climatique. Les collectivités incitent les agriculteurs à s’engager dans des actions de replantation des haies ou de services environnementaux contre paiements.
L'an prochain, ni la Bretagne ni les Pays de la Loire ne valideront l’objectif européen visant à garantir le bon état de leurs rivières, étangs ou nappes phréatiques d'ici à 2027.
L’état des lieux dressé en décembre 2025 par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne établit que seuls 21,4 % des cours d’eau (23,7 % en 2017) et 45 % des étangs (85 % en 2019) se trouvent dans un bon état écologique. Sous l’effet des nitrates et des pesticides, liés à l’activité agricole, 57 % des nappes souterraines sont correctes.
Pour l’Agence de l’eau, ces résultats sont d’autant plus décevants qu’elle subventionne de nombreux projets. Sur un total annuel de 90 millions d’aides dans 859 projets en Bretagne, elle a investi, l’an passé, 15,59 millions d’euros dans la lutte contre les pollutions agricoles, identifiée comme un enjeu prioritaire.
Préservation du bocage, rotation de cultures
12,67 millions d'euros - soit 78% de l’enveloppe - sont allés aux aides directes aux agriculteurs, précise le bilan du 12e programme d’intervention.
« En Bretagne, l’accélération de la transition écologique de l’agriculture est indispensable pour engager une véritable réduction des pressions liées aux pollutions diffuses », note l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.
Diverses exploitations agricoles s’engagent déjà, avec le programme régional Breizh Bocage ou en gestion bocagère via les aides MAEC,dans une démarche de préservation et de reconstitution des haies, propice à la biodiversité. Le bocage sert de coupe-vent, retient l’eau, diminue les risques de transferts d’engrais vers les nappes phréatiques.
Des collectivités, comme le syndicat mixte de l’Arguenon Penthièvre (Côtes d’Armor) priorisent aussi la protection de leur captage prioritaire en proposant aux agriculteurs un dispositif de paiements directs pour services environnementaux (rotations de culture, désherbage, gestion de l’azote…). Sur le barrage de la Ville-Hatte-sur-l’Arguenon, qui alimente 200 000 habitants, ces PSE ont pour objectif de réduire les apports et transferts de phosphore diffus et de diminuer les pollutions aux nitrates et aux pesticides.
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