Agribashing, incompréhension entre scientifiques et agriculteurs… C’est dans ce contexte, et alors que l’agriculture fait face à de nombreux bouleversements et défis, qu’une initiative innovante et inédite a été lancée en Occitanie par l’INRAE et la chambre régionale d’agriculture. Elle va mettre autour de la table chercheurs et agriculteurs pour identifier enjeux et objets de recherche futurs.Retisser des liens et renouer une relation apaisée et fructueuse entre les mondes académique et agricole, entre chercheurs et agriculteurs. C’est l’ambition d’une démarche innovante et inédite en Occitanie, portée par l’INRAE et la chambre régionale d’agriculture. Baptisée CoRAE (« Consultation Recherche Agriculture Alimentation Environnement »), elle a été lancée le 28 octobre à Montpellier.
Son objectif est de rapprocher les objets de recherche de l’INRAE des préoccupations concrètes des agriculteurs, alors que ces derniers font face à de multiples bouleversements et défis : adaptation au changement climatique, transition agroécologique, souveraineté alimentaire et renouvellement des générations.
L’agriculture est l’un des piliers économiques de l’Occitanie, avec une grande diversité de cultures (viticulture, élevage, fruits et légumes, grandes cultures,…), 65 000 exploitations, 165 000 emplois (directs et indirects) et 260 produits sous signe officiel de qualité. Mais aussi « des agriculteurs qui ont les revenus les plus bas de France, à savoir 19 500 euros/hectares, contre 48 000 euros au niveau national, une pyramide des âges inquiétante et des jeunes qu’on a du mal à faire venir », souligne Denis Carretier, le président de la Chambre régionale d’agriculture, également inquiet du contexte géopolitique.
« Cette consultation a vocation à rapprocher la recherche et le terrain, et à répondre aux besoins futurs des agriculteurs et des territoires », lance-t-il.
« Des réponses scientifiques connectées au terrain »
« CoRAE est un pilote expérimental qui va permettre de tisser des liens de confiance pour construire cet avenir qu’on espère plus prometteur, ajoute Pierre-Benoît Joly, président du centre INRAE Occitanie-Toulouse et délégué régional INRAE. Il s’agit de mieux articuler nos stratégies nationales de recherche et les dynamiques locales, car les transformations vont se faire dans les territoires, pas à Paris… CoRAE ne répondra pas à toutes les questions, certaines problématiques devant faire l’objet de mesures d’urgence, comme les incendies estivaux dans les Corbières, mais ces territoires brûlés vont devoir se reconstruire et auront besoin de toutes les capacités de la recherche et de l’innovation, et CoRAE pourra être source de propositions. »