Un projet de porcherie pour engraisser 800 porcs et 400 porcelets fait des remous près du Lac de Vassivière, une destination prisée dans le Limousin. La décision du préfet a été reportée au 17 juillet pour arbitrer entre tourisme et agriculture.
Entre 400 et 500 personnes ont manifesté, le 9 mai, contre ce projet d’atelier porcin à Royère de Vassivière, en Creuse. À l’origine, deux frères veulent diversifier leur activité après leur installation en groupement agricole d'exploitation en commun sur l’exploitation familiale. Ils prévoient de s'adosser à la coopérative Cirhyo, dans l'Allier.
La nouvelle exploitation, qui représente un investissement de 600 000 euros, serait située à seulement deux kilomètres du lac de Vassivière. À cheval sur la Creuse et la Haute-Vienne, ce lac artificiels s'étend sur près de 1 000 hectares. Ses 45 kilomètres de rivages et cinq plages ont attiré 180 000 visiteurs en 2025, soit plus de 36 millions d'euros de retombées pour le secteur.
Les communes proches - Royère-de-Vassivière, Gentioux-Pigerolles, Faux-la-Montagne, Peyrat-le-Château et Beaumont-du-Lac -, le Syndicat mixte du lac, le Parc naturel régional des Millevaches et de nombreux habitants s’y opposent. Tous craignent une pollution par cyanobactéries et des interdictions de baignade qui entraîneraient une baisse de fréquentation.
Quelque 1 380 m3 de lisier par an seraient épandus sur l’exploitation d'engraissement de 800 porcs et 400 porcelets et trois autres porcheries voisines. Le lac de Lavaud-Gelade est aussi concerné. Ici, les études hydrogéologiques concluent qu'«il n’y a pas de risque pour la qualité des eaux de baignade, ni par ruissellement» mais identifient « un risque de dégradation des eaux de baignade du Lac de Vassivière faible. »
Tout l’enjeu est de concilier les attentes économiques contradictoires du tourisme et de l'agriculture. «Ce territoire vit largement du tourisme avec 12500 lits touristiques soit 140 structures (hôtels, campings, gîtes…) et 1680 résidences secondaires », indique Emmanuelle Chabassier, hébergeur touristique qui mobilise ses confrères depuis le 30 avril. Une centaine de professionnels ont cosigné des courriers envoyés au préfet de la Creuse, à la Région Nouvelle-Aquitaine, aux chambres consulaires et instances du tourisme des deux départements.
Newsletter
Climat & environnement
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.