La chronique de Philippe Vandel. Grosse fatigue

Chaque semaine, Philippe Vandel passe en revue les médias.
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Chaque semaine, Philippe Vandel passe en revue les médias.
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🛏️ « Je dormirai en prison, mais la tête haute. » La réplique de Nicolas Sarkozy fait le tour du monde. Oublions la position. D’abord, dormir. Cette semaine est placée sous le signe de la fatigue. Le vol Paris-Ajaccio bloqué une heure dans le ciel parce que le contrôleur aérien s’était endormi. C’était dans Le Dauphiné et toute la presse. RTL.fr fait preuve de mansuétude : « Comment le sommeil d’un contrôleur aérien a perturbé un vol entre Paris et Ajaccio ». Comme joliment les choses sont présentées ! Ce n’est pas l’arrivée d’un avion qui oblige le professionnel à travailler, c’est son sommeil à lui qui perturbe le vol.
🥱 « L’ultra-puissance du bâillement », c’est en une d’Epsiloon. Le magazine scientifique consacre pas moins de quatre pages au phénomène. Les chercheurs commencent à peine à en comprendre les causes. Mais un mystère subsiste, déjà relevé par Hippocrate : pourquoi le bâillement est-il contagieux ?
🧠 La fatigue ne loge pas toujours là où on le croit. Biba rapporte une étude américaine consacrée aux effets du « small talk », ces conversations anodines sur la météo et autres futilités. Ça repose les uns, ça fatigue les autres. Et pas n’importe qui : « Les personnes avec un QI supérieur détestent cette activité banale ». Lisez plutôt : « L’étude a révélé que les personnes avec un quotient intellectuel supérieur sont “67 % plus susceptibles de décrire les bavardages comme mentalement épuisants par rapport à ceux ayant un QI moyen”. Les chercheurs ont interrogé des participants sur le sujet et, pour 82 % d’entre eux, une petite conversation les épuise “après seulement dix minutes”. »
😩 É-pui-sés ! Vivement une embrouille sur les équations d’Einstein pour retrouver du tonus. Ou s’extirper de la « fatigue d’être soi », dont je découvre l’existence dans Le Figaro vendredi. Le psychologue et chercheur Cyril Tarquinio alerte : « La “fatigue d’être soi” touche désormais des individus très jeunes. Et cet épuisement déprimé reflète l’état des sociétés occidentales en général. »
👩🔬 Pour quelle raison ? Il fait le lien avec l’environnement, et raconte une expérience : « Il y a six mois, une chercheuse est venue nous présenter un travail extraordinaire dans notre unité Inserm. En croisant les cartographies de Météo-France, celles des polluants atmosphériques et les données de consommation de psychotropes, elle a mis en évidence quelque chose de fascinant. La météo et la pression atmosphérique influencent directement le cerveau en favorisant la libération dans l’air de microparticules polluantes, invisibles à l’œil nu, mais redoutablement actives biologiquement. Ces particules, une fois inhalées, traversent la barrière hémato-encéphalique, ce rempart censé protéger notre cerveau. Elles pénètrent alors au cœur de notre système nerveux, altérant des zones clés impliquées dans la régulation des émotions, comme l’amygdale, le cortex préfrontal ou l’hippocampe. »
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🌍 Et alors ? « L’exposition répétée à ces polluants dès la petite enfance, parfois même in utero, laisse une empreinte durable sur le développement cérébral. Elle façonne un terrain plus vulnérable à la survenue de troubles anxieux, de dépression, voire de pathologies neurodéveloppementales. La santé mentale est aussi, profondément, une affaire d’environnement. »
🎮 Voilà qui change du refrain sur la faute aux jeux vidéo ! La Tribune consacre une pleine page au dernier avatar de l’intelligence artificielle : « Google propose qu’un assistant IA vous aide à terminer plus simplement un jeu vidéo ». Résumons : un loisir conçu pour vous détendre devient lui-même source de stress. L’étape suivante : pourquoi ne pas créer directement un robot qui joue à votre place ?
🥅 Forcément, il sera meilleur que vous. Sciences et Avenir rapporte une étude de l’université de Las Palmas (Espagne) : « L’IA meilleure que les gardiens de but ». « Des algorithmes se sont révélés plus performants que des pros pour anticiper la direction du tir lors d’un penalty. Entraînés sur 640 vidéos […] montrant la course des tireurs et la frappe de balle », des algorithmes devaient ensuite prédire la direction du ballon. Résultat : « La meilleure IA atteignait 63,9 % d’exactitude contre 46 % pour les gardiens ».
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🤖 L’IA score partout. En Albanie, le Premier ministre a annoncé la création d’un ministère des Marchés publics confié à une intelligence artificielle nommée Diella. Il justifie son choix dans Marianne : « [Elle] ne dort jamais, elle n’a pas besoin d’être payée. Elle n’a pas d’intérêts personnels, elle n’a pas de cousin, car les cousins sont un gros problème en Albanie. »
🔓 J’ajoute qu’elle n’ira jamais dormir en prison.