La France connaîtra des températures atteignant 50 degrés dans le futur
Maxime Heuze
L'institut prévoit que des températures supérieures à 40 °C pourront se produire tous les ans, et des pics inédits de chaleur pourraient atteindre jusqu’à 50 °C.
Un rapport dévoilé par Météo-France, ce jeudi, indique que les événements extrêmes seront bien plus intenses d’ici 2100, qu’aujourd’hui. Le sud subira canicules et sécheresses quand le nord sera menacé par des pluies intenses et des inondations.
« L'été caniculaire de 2022 sera un été ordinaire en 2100 et des étés deux fois plus secs seront attendus. » Voilà la conclusion du nouveau rapport de Météo-France publié ce jeudi abordant la variabilité, les extrêmes et les impacts du changement climatique en France.
Avec une température moyenne de +2 degrés en 2030, +2,7 degrés en 2050 et +4 degrés en 2100, l'institut prévoit que des températures supérieures à 40 °C pourront se produire tous les ans, et des pics inédits de chaleur pourraient atteindre jusqu'à 50 °C localement dans le futur. « Aujourd'hui, ce seuil n'a jamais été atteint en Europe », rappelle Jean-Michel Soubeyroux, directeur adjoint scientifique de la direction de la Climatologie chez Météo-France.
Plus précisément l'institut s'attend à cinq fois plus de jours de vague de chaleur à l'horizon 2050 et dix fois plus en 2100. Or, « les chaleurs extrêmes ont des impacts importants sur la santé humaine », rappelle ainsi Jean-Michel Soubeyroux, expliquant que certaines régions seront plus touchées que d'autres.
Le sud face à la canicule et aux feux de forêts
« Le bassin parisien, le centre, et le bassin méditerranéen seront les plus touchés par les vagues de chaleurs », précise encore le scientifique. Les régions méditerranéennes, habituées à des températures élevées, connaîtront ces épisodes de manière de plus en plus fréquente et durable. Météo-France donne notamment l'exemple de Marseille qui connaîtra jusqu'à 80 nuits chaudes par an, soit 3 mois de nuits à plus de 20 degrés en 2100. Ce nombre de nuit pourrait même monter jusqu'à 120 nuits sur le littoral méditerranéen. En 2024, le pic de nuits chaudes n'a été que de 24 degrés à Bastia.
Et la chaleur engendrera pléthore de conséquences. « L'évapotranspiration des plantes et des sols sera beaucoup plus importante, ce qui engendrera des sécheresses », explique notamment Jean-Michel Soubeyroux. La France connaîtra ainsi un mois supplémentaire de sols secs dans la moitié nord, et jusqu'à deux mois dans la moitié sud en 2100 « avec parfois des sécheresses sur plusieurs années consécutives », ajoute le scientifique. L'assèchement des nappes phréatiques devrait empirer, certaines d'entre elles ne cumulant que deux mois de pluie à la fin du siècle.
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Chaleur et sécheresse impliquent des feux de forêt et de végétation. Alors qu'ils sont déjà fréquents dans le Sud, ils gagneront du terrain, avec un risque élevé qui s'étendra régulièrement à tout le territoire. « Ce risque sera multiplié par deux pour le sud Est en 2100 », précise le scientifique de Météo-France.
Le nord face aux pluies et aux inondations
Mais le dérèglement climatique ne frappera pas la France qu'en été. Le reste de l'année, les pluies intenses se renforceront, avec une hausse de 10 % en 2050 sur tout le territoire et pour 2100 une hausse de 15 % en moyenne, et jusqu'à + 20 % sur la moitié nord du pays. « Cela aggravera le risque d'inondation, notamment dans les secteurs fortement imperméabilisés comme les villes », met en garde Jean-Michel Soubeyroux.
Enfin, durant l'hiver, la montagne sera elle aussi victime d'une température plus élevée. En moyenne montagne, l'enneigement deviendra inférieur à deux mois en 2100. Or l'enneigement est important pour le tourisme, mais aussi et surtout pour l'arrivée de l'eau dans les vallées et la production d'électricité hydraulique.