L’État entend garder la main sur un actif jugé stratégique. Un arrêté publié dimanche au Journal officiel prévoit l’acquisition par l’État d’une action de la société LMB Aerospace pour un montant symbolique d’un euro. Le texte du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle indique que « l’État décide de se porter acquéreur d’une action de la société par actions simplifiée LMB auprès de la société par actions simplifiée ASC3 LMB Holding, pour un prix de 1 (un) euro ». Le commissaire aux participations de l’État est chargé d’en assurer l’exécution.
Cette action constitue la base d’une golden share, ou action préférentielle, qui doit conférer à l’État un droit de regard sur certaines décisions stratégiques du nouvel actionnaire, le groupe américain Loar Group, si celles-ci étaient jugées contraires aux intérêts nationaux.
La vente du fabricant corrézien, spécialisé dans les ventilateurs utilisés notamment pour les avions Rafale et les sous-marins nucléaires, avait été annoncée fin janvier. Elle avait suscité des critiques et des inquiétudes dans la classe politique, certains accusant le gouvernement de vendre, voire de « brader », un actif industriel stratégique, d’autant plus à un groupe américain dans un contexte de relations transatlantiques jugées plus incertaines.
Le ministère de l’Économie avait tenté de rassurer sur le maintien en France des activités de LMB Aerospace. Le ministre de l’Économie Roland Lescure avait alors indiqué que l’État disposerait d’une action préférentielle dans l’entreprise afin de préserver ses intérêts industriels et stratégiques.