De Malemort-sur-Corrèze à New York City. Située en Corrèze, LMB Aerospace pourrait être rachetée pour environ 365 millions d'euros (plus la reprise de la dette estimée à 44,3 millions) par l'américain Loar Group, un spécialiste des composants pour l'aérospatiale et la défense basé à New York. La finalisation de la transaction reste soumise à l'obtention des autorisations réglementaires requises. Loar Group, qui a réalisé plus de 400 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2024 (317.5 millions en 2023), vise la finalisation de l'opération au troisième trimestre de cette année après avoir reçu les autorisations réglementaires. Pour financer cette opération, le groupe américain a obtenu de Blackstone Alternative Credit Advisors LP une lettre d'engagement relative à la facilité de prêt de 400 millions d'euros.
Cette opération n'est pas réellement une surprise. Installé outre-Atlantique depuis 2016, le PDG de LMB Aerospace Thomas Bernard a depuis longtemps un très fort tropisme pour les Etats-Unis et son marché. Déjà fin 2021, l'entreprise basée en Corrèze, alors détenue par trois fonds français (MBO & Co, Arkéa Capital et Raise Investissement) avait failli passer sous pavillon américain en se faisant avaler par la société de capital investissement américaine, Arcline. Mais Tikehau Ace Capital, qui était accompagné d'Amundi Private Equity Funds et d'autres investisseurs du groupe Crédit Agricole menés par IDIA Capital Investissement, avait finalement raflé la mise fin 2021 et conclu l'opération en mars 2022 malgré un écart de prix d'environ 5% en faveur d'Arcline, selon nos informations.
Via le fonds Ace Aéro Partenaires (AAP 1), créé en 2020 sous l'impulsion du gouvernement français, Tikehau avait réussi à convaincre Thomas Bernard de rester en France et de s'éviter une longue procédure de contrôle des investissements étrangers en France (IEF). Dans des secteurs touchant à la défense nationale ou susceptibles de mettre en jeu des activités essentielles à la garantie des intérêts du pays, le code monétaire et financier soumet les investissements étrangers à une procédure d'autorisation préalable (309 dossiers en 2023).