Pourquoi la polémique LMB Aerospace va retomber comme un très mauvais soufflé

La PME corrézienne LMB Aerospace est vendue au groupe américain Loar Group.
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La PME corrézienne LMB Aerospace est vendue au groupe américain Loar Group.
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La polémique LMB Aerospace va très certainement retomber comme un très mauvais soufflé. Le Délégué général pour l'armement (DGA) Patrick Pailloux et le patron du groupe LMB Aerospace, Thomas Bernard, ont remis l'église au milieu du village. Ou plus exactement, ils ont remis LMB Aerospace à sa place, c'est-à-dire comme un fournisseur important sans être critique pour le ministère des Armées, notamment pour la Direction générale de l’armement (DGA). Dans ce dossier, la DGA a apporté au ministère de l’Économie toute son expertise de la Base industrielle et technologique de défense française (BITD). Ce qui a permis à Bercy de prendre la décision d'autoriser la vente de LMB Aerospace au groupe américain Loar Group.
Mais ce processus décisionnel extrêmement bien instruit par la DGA n'a pas empêché le déclenchement une tempête politique et médiatique. Pour deux bonnes raisons. Le gouvernement n'a pas communiqué publiquement en amont pour désamorcer ce dossier qui était potentiellement brûlant pour des questions de souveraineté dans un contexte géopolitique incandescent, notamment avec les États-Unis. Le silence de l’État a pu être interprété par une volonté de cacher une cession honteuse. Deuxièmement, le déclenchement de l'affaire LMB Aerospace est arrivé au moment où l’État décidait de s'opposer à la vente de certaines activités d'Eutelsat jugées stratégiques. Deux poids, deux mesures, ont considéré de nombreux observateurs....
Mais de quoi parle-t-on véritablement ? De ventilateurs produits par cette PME, qui pourrait réaliser 60 millions de dollars environ de chiffre d'affaires en 2026, à des plateformes prestigieuses comme le Rafale, le porte-avions Charles de Gaulle, le char de combat Leclerc... Première mise au point : « Quand je lis que nous sommes un fournisseur stratégique sur Rafale, c'est complètement faux. Sur cet avion, on a une seule référence. Et nous ne sommes pas les seuls fabricants », a expliqué mercredi dans un entretien accordé au Parisien. « Sur le char Leclerc, ça fait 20-25 ans qu'on n'a pas fourni de matériel pour ce blindé. Sur les sous-marins nucléaires, le porte-avions Charles de Gaulle, nous avons arrêté la fourniture de matériel depuis huit ans », a-t-il également précisé. Ce qui dégonfle pas mal les polémiques.
Côté DGA, Patrick Pailloux a tenu à préciser que sa maison a réalisé « un travail clinique» et « remarquable » sur ce dossier, en partenariat avec le ministère de l’Économie, sur la valeur que LMB Aerospace apporte dans les grands systèmes d'armement français. Si les produits de cette PME venaient à être « Itarisés » par les États-Unis (réglementation américaine extraterritoriale qui donne ou pas l'autorisation de réexporter des composants américains installés dans des systèmes d'armes), la DGA serait « capable de recréer une chaîne » alternative pour fabriquer les ventilateurs produits par LMB Aerospace en « 18 mois environ», selon le Délégué général. Enfin, selon nos informations, les principaux maîtres d’œuvre concernés ne sont pas du tout battus pour que LMB Aerospace reste sous pavillon français.
A ce jour, la production est installée en Corrèze et doit être maintenue à Malemort-sur-Corrèze, où se situe le siège social de la PME, selon les accords signés entre l’État français et Loar Group. Ce qui veut dire que « toute décision stratégique pourra être bloquée par l’État », avait déclaré lundi le ministre de l’Économie, Roland Lescure. De Malemont-sur-Corrèze à New York, siège de Loar Group, la trajectoire colle pleinement au rêve américain de Thomas Bernard pour LMB Aerospace. « Il n'y a pas de dépendance de l'industrie de défense française à nos produits », a soutenu le patron de LMB Aerospace, qui s'est installé aux États-Unis en 2016 pour développer le marché nord-américain de l'entreprise.
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Là où Thomas Bernard est moins crédible, c'est qu'il explique au Parisien qu'il n'y avait pas des repreneurs français. « Nous, on a cherché un repreneur qui nous laisse une totale autonomie, qui respecte l'ADN d'une PME française, qui s'engage à développer les activités sur site et en Europe. Seules des entreprises américaines ont montré un réel intérêt », a encore affirmé le dirigeant. Selon nos informations, il y avait au moins deux autres repreneurs français mais la banque conseil sur ce dossier a rapidement (trop ?) privilégié l'offre de Loar Group, qui a surpayé LMB Aerospace. Ce qui a découragé les repreneurs français, explique-t-on à La Tribune.
Au-delà de la faible criticité des produits de LMB Group pour les maîtres d’œuvre, l’État français « n'a jamais obtenu de tels engagements » auprès d'un acquéreur étranger, affirme Patrick Pailloux. Et de préciser que l’État a même obtenu dans le cadre d'une négociation serrée « beaucoup plus d'engagements que ce dont on avait besoin ». Outre la garantie du maintien de la production de Corrèze, l’État a notamment une action de référence. Il n'a pas détaillé les autres engagements.
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Plus généralement, Patrick Pailloux a rappelé les principales données de ce vieux débat en France entre souveraineté et attractivité. « Nos entreprises de défense ont besoin d'investisseurs. Nous avons besoin d'investisseurs. Si nous n'envoyons pas des signaux positifs quand cela se justifie, on se tire une balle dans le pied », a-t-il assuré. Et de conclure : « Je trouve que c'est une belle affaire » et « je suis ultra serein ».