En matière d'ingérences, les années se suivent et se ressemblent malheureusement pour la base industrielle et technologique de défense (BITD). La Direction du renseignement et de la sécurité (DRSD) a encore détecté en 2025 « un nombre élevé d'ingérences à l’encontre de la BITD, confirmant une tendance observée depuis cinq ans ». Dans le panorama des ingérences à l'encontre de la sphère de défense en 2025 publié lundi, la DRSD, qui est au cœur de cette guerre, ne révèle pas le nombre « d'incidents » mais elle précise que le volume est resté stable par rapport aux années précédentes. Dans un rapport parlementaire récent sur la guerre économique (juillet 2025), le député Christophe Plassard estimait le nombre d’atteintes caractérisées contre des entités de la BITD ou des organismes de recherche de défense entre 500 et 550 par an. « On compte par ailleurs 750 à 800 alertes de sécurité économique chaque année contre des entreprises ou des actifs stratégiques, soit plus du double de 2020 », selon ce rapport.
Le directeur du renseignement et de la sécurité (DRSD), le général Aymeric Bonnemaison, confirme que l'accélération des conflits armés dans le monde conduit « irrémédiablement à une nouvelle forme de guerre économique en économie de guerre ». Et il précise que « nos adversaires, nos compétiteurs s'intéressent aux savoir-faire industriels des entreprises de la BITD, à nos avancées scientifiques et techniques ou encore à l'expertise de nos chercheurs ». Les laboratoires de la recherche publique sont également visés par des ingérences étrangères. Des pays dont l'attention se porte particulièrement sur les technologies de rupture (intelligence artificielle, quantique) et aux secteurs aéronautique et spatial.
La DRSD observe dans le bilan 2025 « une augmentation importante des atteintes à la réputation et à l'image des acteurs de la BITD ». C'est notamment le cas des campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux et des actions collectives de protestations lors de salons d’armement et aux abords de sites industriels. « Même si ces actions n’ont pas systématiquement de conséquences économiques directes immédiates, leur récurrence pourrait à long terme fragiliser l’image de la BITD et contraindre son activité », estime la DRSD.