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Défense et AérospatialeDéfense

Défense : le prix hors norme (plus de 12 milliards) du futur porte-avions français

Photo de Michel Cabirol

Michel CABIROL

Publié le 17 mars 2026 à 05:00

Vue d'artiste du porte-avions nouvelle génération.

Vue d'artiste du porte-avions nouvelle génération.

Naval Group

Le Quotidien Numérique

17 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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En déplacement à Indret sur le site de Naval Group, le président de la République va détailler les grandes lignes du futur porte-avions de nouvelle génération. Il va coûter au moins 12,2 milliards d'euros.

C'est à Indret sur le site de Naval Group que le président de la République va détailler les grandes lignes du futur porte-avions de nouvelle génération (PANG) de la Marine nationale, qui sera mis en service en 2038 après les essais à la mer à partir de 2036. Et peut-être son nom (Richelieu ?). Ce sera un navire de guerre hors norme, le plus gros jamais construit en France (78.000 tonnes, contre 42.000 tonnes pour le Charles de Gaulle ; 310 mètres de long et 90 mètres de large). Soit un surcroit d'espace de 40% entre les deux porte-avions.

« Très peu de pays sont capables de construire des bateaux aussi gros, aussi puissants, avec une propulsion qui lui permet d'avoir une autonomie qui est quasi illimitée », explique la présidence de la République. Dans le monde, seuls deux pays ont des porte-avions à propulsion nucléaire, la France et les États-Unis, qui en ont 11. Deux nations ont des porte-avions à propulsion classique, la Chine et l'Inde.

Un prix d'au moins 12,2 milliards

Ce porte-avions a également un prix, un prix hors norme. Le PANG va coûter au moins 12,2 milliards d'euros sans compter ses infrastructures d'accueil (dont le coût est évalué aujourd'hui à 123,37 millions d'euros) et, surtout, hors aéronefs (30 avions de combat, deux avions de guet aérien, six hélicoptères et des drones), selon les documents budgétaires du projet de loi de finances pour 2026. Pour commander cet objet qui va symboliser la puissance politique et militaire de la France sur tous les océans, le ministère des Armées a été contraint au regard des montants de le commander en tranche, dont une fin 2025 (8,5 milliards d'euros) et prochainement en 2026 (2,5 milliards).

L’État cherche également à trouver des financements privés. « Tout l'enjeu, c'est aussi qu'il y ait des financements privés qui soient mobilisés, des financements d'abord des grands donneurs d'ordre », assure l’Élysée.

Trois pistes sur le futur porte-avions

Sur le plan opérationnel, ce futur porte-avions va posséder « une très grosse plus-value » opérationnelle par rapport au Charles de Gaulle, explique la présidence. Grâce à son tonnage, les équipes de ce porte-avions seront capables à partir de 2038 d'opérer en même temps des catapultages et des appontages des avions grâce à trois pistes différentes. Cela permettra à la marine nationale d'être « au maximum de ses capacités opérationnelles, assure l’Élysée. (...) Avec ces trois rails, ce sera particulièrement performant et ça exploitera au mieux la surface du pont ». Cette capacité est uniquement possédée par la nouvelle classe des porte-avions américains. Cette innovation va permettre au PANG « d'être extrêmement souple en termes de mise en œuvre de ces avions, environ 40 avions ».

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Le futur porte-avions, qui devrait accueillir un équipage de 2.000 marins, sera nativement évolutif pour pouvoir accueillir tous les avions de prochaine génération. Tout comme il est conçu pour être une plateforme qui va permettre d'accueillir toutes les évolutions des systèmes de combat aussi bien les systèmes de défense que des capacités offensives. Il aura « une très grande capacité à accueillir des munitions en nombre supérieur au porte-avions actuel, des capacités défensives qui seront très évolutives et donc qui permettront de s'adapter aux différentes menaces tout au long de la vie du porte-avions », observe la présidence de la République.

Enfin, le futur porte-avions aura une architecture numérique data centrée, modulaire et cybersécurisée par conception, capable d’intégrer l’intelligence artificielle, le combat collaboratif et les futurs effecteurs au rythme des innovations.

800 entreprises concernées

Aux côtés des des industriels maîtres d’œuvre (Naval Group, les Chantiers de l'Atlantique pour la coque et TechnicAtome pour les chaufferies nucléaires K22), qui sont d'ores et déjà très engagés sur ce programme, le PANG va également faire travailler près de 800 entreprises, dont plus de 600 ETI et PME de la base industrielle et technologique de défense, et plus de 200 métiers industriels. Sur la période 2026-2038, il y aura plus de 8.500 à 8.800 personnes en moyenne travaillant sur le programme avec un pic, au plus fort de l'activité de ce programme, atteignant à 14.000 emplois.

Trois régions vont principalement bénéficier des retombées économiques de ce programme, essentiellement la région des Pays de la Loire, mais aussi en Provence Alpes-Côte d'Azur et en Bretagne. « Ces trois grandes régions vont représenter environ 70 % de l'impact socio-économique du programme au travers, bien évidemment, des grands donneurs d'ordre » mais aussi des PME et des ETI, précise l’Élysée. En outre, plus de 90 % du coût de ce porte-avions bénéficiera directement aux entreprises françaises. « Disons-le clairement, cet investissement massif et ce futur porte-avions bénéficie très concrètement et très largement à l'industrie française », affirme la présidence de la République.

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En revanche, Le PANG sera doté de deux catapultes électromagnétiques de conception américaine (General Atomics) capables d'opérer tout type d’aéronefs (avions et drones). « Sur cet aspect de vulnérabilité, c'est une technologie qui est maîtrisée par les États-Unis, qui est maîtrisée également par la Chine, que la France pourrait maîtriser également, assure la présidence de la République. C'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières ».

Michel CABIROL

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