On savait que la construction de la loi de programmation militaire (LPM) a été d'une complexité folle pour caser le maximum d'équipements militaires en dépit de la très forte hausse des crédits budgétaires (400 milliards d'euros + 13 milliards de recettes extra-budgétaires). Et chaque jour livre petits et grands secrets de son élaboration. Ainsi, si la marine nationale embarquera en principe à l'horizon 2037/2038 sur le porte-avions de nouvelle génération (PA-Ng), ce sera grâce à un effort inédit et sans précédent des industriels concernés (notamment Naval Group, les Chantiers de l'Atlantique...).
Les industriels, qui participent au programme PA-Ng, vont autofinancer 1 milliard d'euros pour lancer la construction du PA-Ng dès l'horizon fin 2025/début 2026, selon des sources concordantes. « Ils n'ont pas eu le choix », explique-t-on à La Tribune. Sur la période de la LPM (2024-2030), le porte-avions doit bénéficier d'un besoin de financement de 5 milliards d'euros.
Interrogé par La Tribune, le ministère des Armées précise que les industriels feront une avance de trésorerie. Si chacun d'eux devra verser sa quote-part, Technicatome ne devrait pas être concerné par cette avance. Selon le rapport annexé de la LPM, le PA-Ng sera conduit pour garantir la pérennité des compétences « propulsion nucléaire » avec « une attention particulière portée sur la conception et la fabrication des nouvelles chaufferies K22 puis assurer une transition maitrisée avec le porte-avions Charles de Gaulle ».