ArianeGroup est maître d'œuvre industriel du M51 de la force de dissuasion océanique française, pour le compte de la Direction générale de l'armement (DGA) depuis 2010.
Le ministère des Armées a annoncé le début de la mise en service opérationnel de la troisième version (M51.3) du missile mer-sol balistique stratégique M51 développé par ArianeGroup et déployé par la marine nationale.
Quinze ans après le M51.1 (septembre 2010), la troisième version du missile mer-sol balistique stratégique M51 (M51.3) est entrée en service opérationnel, marquant une étape majeure dans la modernisation de la composante océanique de la dissuasion nucléaire française. Un missile qui permet à la France de faire un saut technologique en termes de performances. Bourrée de nouveaux systèmes confidentiels, cette nouvelle version du M51 sera significativement plus performante en termes de capacités d'emport (charge utile) et de pénétration. Le M51.3 ira également plus loin tout en améliorant sa précision par rapport au M51.2. « Le M51.3 pérennise la crédibilité de la composante océanique face à l’évolution des défenses antimissiles adverses », a assuré le ministère des Armées dans un communiqué publié ce mardi.
Opérationnellement, le missile 51.3 sera déployé à bord des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de type Le Triomphant. Le ministère des Armées a consacré une enveloppe budgétaire (crédits de paiement) d'un peu plus d'un milliard d'euros en 2025 (1,05 milliard) et a doté financièrement le programme à hauteur de 840 millions en 2026. Les principaux engagements prévus en 2026 couvrent la poursuite des travaux de développement et de production de la version M51.3 et la poursuite des travaux de réalisation de la version M51.4.
Une programme incrémental
Les performances du missile M51, qui est la cinquième génération de missiles balistiques français, sont continuellement adaptées par la Direction générale de l'armement (DGA) et le CEA dans le cadre de ce programme incrémental, et, par conséquent, améliorées en fonction de la mise en service de nouvelles versions de système de défense antimissiles par les armées du monde entier. L'industriel ArianeGroup assure une veille active sur l'évolution des défenses adverses potentielles (auto-directeurs des intercepteurs, radars d'alerte et de conduite des opérations), qui se sont renforcées ces dernières années partout dans le monde, en particulier au sein des grandes puissances dotées de l'arme nucléaire.
Dans ce cadre, le ministère des Armées a d'ailleurs lancé fin août la réalisation de la version M51.4 dont les travaux préparatifs ont débuté en juillet 2022. Il équipera au cours de la prochaine décennie les SNLE français. Ce futur missile, dont la mise en service interviendra au cours de la prochaine décennie, sera déployé à la fois à bord des SNLE actuels type Le Triomphant et des futurs SNLE de troisième génération, en phase de réalisation depuis 2021.
Un programme de temps long
Sous la maîtrise d’ouvrage de la DGA et développé par ArianeGroup en tant que maître d’œuvre, le M51.3 emporte la nouvelle tête nucléaire océanique (TNO-2), conçue et garantie grâce au programme Simulation de la Direction des applications militaires du CEA. Cette mise en service opérationnel marque l’aboutissement des programmes M51.3 et TNO-2, respectivement conduits et lancés par la DGA en août 2014 et par le CEA en 2013.
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Cette troisième version avait effectué avec succès son tir de qualification en novembre 2023, depuis la Base de Lancement Balistique (BLB) du site Landes de DGA Essais de missiles à Biscarrosse. « Les deux années suivantes ont été consacrées à la justification de la maitrise de l'ensemble des performances du missile et à la démonstration de ses exigences de sûreté nucléaire dans son futur environnement opérationnel à l'Ile Longue et à bord des SNLE », a précisé ArianeGroup dans un communiqué dans la foulée de celui du ministère des Armées.