LA SPACE COAST À L’HEURE D’ARTEMIS (1/3). Sur la côte Est des États-Unis, les lancements interviennent désormais plusieurs fois par semaine, avec leurs nuisances sonores, une pollution certaine et des risques importants. Mais nous n’avons trouvé personne qui s’en plaigne vraiment.Samedi 4 avril, à 1 h 46 du matin, heure de Floride. Pour la troisième fois en quatre jours, un groupe de touristes français assiste à un lancement spatial depuis la Space Coast, la côte spatiale située à l’est de la Floride. Ce groupe est emmené par l’agence de voyages Nomade Aventure et accompagné par un journaliste d’Air & Cosmos. Le point d’observation choisi se situe au bord de l’Indian River, le long de l’autoroute 528 qui relie Orlando à Port Canaveral. Ce site se trouve à une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau du pas de tir SLC-41 de la base militaire de Cape Canaveral. C’est de là que s’envole une fusée Atlas-5 de la société américaine United Launch Alliance (ULA), avec 29 satellites Amazon LEO à son bord.
À cette distance, au milieu de la nuit noire, on peut encore mesurer la puissance du lanceur d’une soixantaine de mètres, soit l’équivalent d’un immeuble de vingt étages. L’intense éclat lumineux des moteurs mis à feu éblouit d’abord tout le ciel pendant quelques instants. Puis, si le vent souffle du bon côté, le grondement sourd des moteurs monte en puissance, accompagné par le crépitement métallique des propulseurs à poudre.
C’est évidemment bien moins impressionnant que le décollage du lanceur SLS emportant la mission Artemis-2 vers la Lune. Ce dernier a été vu trois jours auparavant à seulement 5,6 kilomètres de distance depuis le centre spatial Kennedy. Mais le spectacle d’un lanceur qui s’élève vers les cieux est captivant. L’événement est pourtant devenu monnaie courante en Floride, qui enregistre en moyenne 3,7 lancements par semaine cette année. Malgré tout, chaque mission attire son lot de spectateurs sur les différents sites de la Space Coast, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit.
Il y a ceux qui sont de passage, passionnés d’espace ou pas, et ceux qui habitent dans le coin et viennent presque systématiquement. Ils sont faciles à repérer avec leur chaise de camping pour patienter. Certains possèdent un appareil photo monté sur trépied, équipé d’un puissant téléobjectif et pointé précisément vers le bon pas de tir. Leur demander conseil est précieux pour ne pas risquer de regarder dans la mauvaise direction !