SpaceLocker, la startup qui vise 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2030

Premier satellite de SpaceLocker, qui souhaite devenir le covoitureur de l'espace
SpaceLocker

Premier satellite de SpaceLocker, qui souhaite devenir le covoitureur de l'espace
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Pour SpaceLocker, créée fin 2022, l'année 2026 est l'année de l’accélération afin de changer de dimension. Et pas qu'un peu... Cette année est cruciale pour faire décoller sur le plan économique son activité et atteindre les objectifs ambitieux que la startup s'est fixé : dépasser les 100 millions de chiffre d'affaires dès 2030. « Notre objectif est de dépasser les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030. C’est ambitieux. Mais si nous parvenons à construire ce que nous avons prévu de construire, la trajectoire sera la bonne », explique à La Tribune le PDG et fondateur de SpaceLocker, Théophile Lagraulet.
Et 2026 a déjà très bien commencé avec la mise en orbite réussie lundi par l’américain SpaceX de « Out of the Box », un satellite de 20 kg qui aura une durée de vie comprise entre trois et cinq ans. A bord de son premier satellite opéré en propre, cinq clients européens qui ont confié cinq charges utiles issues de l’écosystème européen. C'est une étape clé qui fait entrer cette jeune startup dans le cercle fermé des opérateurs de satellites, un marché jusqu’ici dominé en Europe par des grands acteurs historiques comme Eutelsat, SES ou encore l'espagnol Hispasat. « On est au tout début de l'histoire », sourit Théophile Lagraulet.
Comment SpaceLocker compte bousculer les codes du spatial ? La startup s'est niché dans un marché prometteur, qui pourtant existe depuis plus d'une vingtaine d'années : elle transforme les satellites existants des opérateurs en infrastructures partagées, pour des missions plus rapides, moins coûteuses et plus durables en reversant un loyer aux opérateurs qui accueille SpaceLocker. Soit des missions partagées comme le PDG et fondateur de SpaceLocker, Théophile Lagraulet, les définit. En décembre il prévoit d’ailleurs une mission prestigieuse en montant à l'extérieur de la station spatiale internationale (ISS) après avoir été covoituré dans la soute d'un vol habité avec des astronautes.
Ce marché devrait représenter environ 80% de l'activité de SpaceLocker, le solde étant des missions dédiées à l'image de celle d'Out of the Box. « C'est vraiment le cœur du projet de la société. SpaceLocker travaille sur des modèles de satellites partagés sur lesquels nous adaptons notre technologie d'interface et sur laquelle ensuite on branche nos clients dans des conteneurs de différentes tailles », explique Théophile Lagraulet, CEO et cofondateur de SpaceLocker. Pour monter à bord de ces satellites, Spacelocker a développé une technologie brevetée de « port spatial universel », comparable à un port USB pour satellites (Plug-and-play et agnostique).
Comment SpaceLocker, qui ne souhaite pas préciser son chiffre d'affaires actuel, va-t-elle faire pour atteindre 100 millions d'euros dès 2030 ? Soit dans seulement cinq ans. Le culot, l'agilité et la rapidité... En moins de deux ans, la startup a déjà réalisé une première mission orbitale et signé une quinzaine de contrats commerciaux et institutionnels en France comme à l’international, pour un total de plus de 4 millions d’euros. Avec Out of the Box, SpaceLocker a franchi une étape que la startup considère comme structurante en devenant opérateur tout en construisant son propre catalogue de missions. Elle confirme au passage sa capacité à exécuter très rapidement dans un secteur réputé pour ses cycles longs. La startup prévoit également six missions dans les 24 prochains mois (entre 2026 et 2028).
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Aujourd'hui, la startup possède six interfaces en orbite (soit une charge utile égale un client à l'exception de sa première mission où trois clients se sont partagés une seule interface). « D'ici à la fin de l'année, on devrait atteindre une petite dizaine d'interfaces. L'année prochaine, nous allons atteindre entre 20-30 interfaces. Tout l'enjeu est de continuer à cette cadence. A partir de 2030, nous visons un rythme annuel qui dépasse les 50 interfaces en orbite. En cumulé, on aura probablement une centaine d’interfaces d’ici à 2030 », explique Théophile Lagraulet. Ce qui permettra à SpaceLocker de réaliser ces fameux 100 millions d'euros de chiffre d'affaires.