Le fonds d’investissement FCDE va prendre un peu plus de 50% du capital d'Hemeria. Objectif majeur, financer le développement de cette ETI toulousaine pour qu'elle poursuive sa croissance.Une page se tourne déjà chez Hemeria, créée il y a seulement six ans (2019). Le fonds d'investissement FCPE, qui a levé 1,1 milliard d'euros depuis 2009, va prendre la majorité du capital de cette entreprise toulousaine dynamique présente dans le spatial et la défense. Soit plus de 50% (autour de 52%). Détenant jusqu'ici 75% d'Hemeria avec le management, les deux actionnaires historiques (Philippe Gautier et Jean-Yves Rivière) ont engagé la cession d'une grande partie de leur participation.
La finalisation de l’opération est attendue pour la fin du premier trimestre 2026, explique à La Tribune, le directeur général d'Hemeria, Nicolas Multan, dont la participation au sein du capital ne sera pas diluée. Les actionnaires minoritaires (25% du capital restants, notamment des Family Offices et BNP Paribas), vont également céder tout ou partie de leur participation dans Hemeria au fonds FCDE, qui de son côté se désengage simultanément du capital de Bertin Technologies et qui vient de lever 400 millions d'euros début novembre.
Un nouvel élan
Le fonds FCDE arrive dans une ETI en pleine croissance. Elle est passée de 23 millions d'euros (118 salariés) en 2019 à 68 millions (exercice 2024-2025 clos fin juin et emploie désormais 400 personnes environ. Selon Nicolas Multan, Hemeria a besoin d'investissements pour continuer à se développer et à croître de façon organique et par croissance externe. Très clairement, cette opération répond à deux objectifs majeurs : accroître les moyens financiers nécessaires à la stratégie de croissance et achever la transmission opérationnelle du groupe vers l’équipe managériale actuelle.
Le fonds FCPE arrive dans une période très favorable aux activités d'Hemeria, qui compte notamment profiter des investissements européens dans la défense et le spatial. Dans son projet de budget 2028-2034, la Commission européenne prévoit de consacrer 131 milliards d'euros à ces deux secteurs de souveraineté (contre 14,9 milliards entre 2021-2027). Sur le plan national, l'entreprise compte aussi accompagner la montée en puissance du renouvellement des capacités de la dissuasion française ainsi que le déploiement de nouvelles infrastructures et services spatiaux civils et militaires. Enfin, Hemeria envisage de participer à la consolidation de l’industrie européenne de la défense et du spatial. Dans ce contexte, Hemeria, qui a défini une stratégie à l'horizon 2030, souhaite notamment poursuivre sa montée dans les chaînes de valeur et développer son offre dans des solutions innovantes associant infrastructures et services.