Le cas de Rocket Lab, qui perd structurellement de l'argent, interroge sur le modèle économique des mini-lanceurs
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Lancement de satellites de la constellation Kineis
Kineis
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Lancement de satellites de la constellation Kineis
Kineis
Rocket Lab est un vrai cas d'école. Et surtout une vraie leçon pour ceux qui feignent de croire qu'il y a de la place pour plusieurs lanceurs concurrents en Europe. Si on s'arrête aux succès opérationnels et commerciaux de Rocket Lab, on pourrait effectivement le croire. D'autant qu'il a une position dominante face à une concurrence qui peine à émerger aux États-Unis avec Astra, en voie d'implosion, et Firefly, qui tente de marcher dans les pas de Rocket Lab, et face à plusieurs projets européens aujourd'hui en voie de développement comme ceux des allemands Isar Aerospace et RFA One et de l'espagnol PLD Space parmi les plus solides. MaiaSpace développe quant à elle déjà un lanceur moyen (Maia), qui aura une capacité d'emport de plus d'une tonne.
En 2025, l'opérateur américain du mini-lanceur Electron, qui a une capacité d'emport de 300 kg sur l'orbite basse, a réussi une très belle année sur le plan opérationnel. Il a notamment établi un nouveau record de lancements sur un an : 21 tirs réussis, dont trois missions d'essai hypersoniques avec la fusée Haste menées dans le cadre d'un programme mené par le DoW, ministère de la Guerre américain. Après le Falcon 9 de SpaceX (165 vols), Electron, qui a effectué son premier vol en 2017, a été le deuxième lanceur le plus opéré en 2025 depuis le pas de tir « Launch Complex 1 » (LC-1) en Nouvelle-Zélande, situé à Mahia. Sur le plan commercial, la société a également décroché l'année dernière son plus gros contrat jamais signé avec un marché de 816 millions de dollars attribué par l'Agence pour le développement spatial (Space Development Agency) pour la conception de 18 satellites de détection et de suivi de missiles dans le cadre d'une diversification de ses activités.
À lire également
2025 a clairement été une année incroyable pour Rocket Lab. Sauf qu'en même temps, l'entreprise américaine a encore perdu de l'argent, beaucoup d'argent l'an dernier. Soit près de 200 millions de dollars de pertes nettes (198,2 millions précisément) pour un chiffre d'affaires de 601,8 millions de dollars, pourtant en hausse de 38% entre 2024 et 2025. C'était déjà aussi le cas en 2023 et 2024, deux exercices durant lesquels la société de commercialisation de lancements, dirigée par Peter Beck, a respectivement perdu 190,1 millions et 182,57 millions en dépit d'une croissance régulière de son chiffre d'affaires. Depuis sa création, Rocket Lab a perdu plus d'un milliard de dollars (1,01 milliard).