La source basée au cœur de la Sainte-Victoire dans les Bouches-du-Rhône vient compléter le pôle eau minérale du groupe français de restauration collective et de services dont elle est la deuxième acquisition significative, après Alet-les-Bains.C’est une petite entreprise, neuf emplois et un bout du patrimoine français qui auraient pu disparaître. Mais désormais, l’eau minérale 808 fait partie des actifs stratégiques d’Elior. Exploitée depuis 2019, placée en redressement judiciaire, c’est via un appel d’offres que le groupe de restauration collective et de multiservices fait l’acquisition, voici quelques mois, à la barre du tribunal de commerce d’Aix-en-Provence, de l’eau minérale 808.
Si Elior – 6,05 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 133 000 employés – s’est intéressé à la source qui sis à 808 mètres – ce qui lui donne son nom – au cœur de la montagne de la Sainte-Victoire, dans les Bouches-du-Rhône, c’est parce que le groupe français a déployé une stratégie d’internalisation afin de répondre aux besoins de consommation du groupe que dirige Boris Derichbourg, lesquels s’élèvent à 20 millions de bouteilles d’eau par an.
Une stratégie décidée en 2023 et qui a commencé à prendre forme avec la convention passée avec la communauté de communes du Limouxin (Aude) en juin dernier pour une période de 60 ans pour l’exploitation de l’eau d’Alet-les-bains, plus grosse réserve d’eau minérale d’Europe. Un projet qui, cependant, ne sera pas opérationnel avant 3 ans.
« Dior de l’eau »
Déjà exploitée, 808 Water permet donc au groupe Elior d’enclencher sa stratégie car outre les besoins internes au groupe, l’eau minérale provençale va également être poussée à l’international. Positionnée sur le haut de gamme, elle vise principalement le marché asiatique – notamment Hong Kong – où le chiffre 8 revêt une symbolique d’éternité. Pour se faire, le design du chiffre sur la bouteille a été travaillé en ce sens. Déjà référencée à l’hôtel Negresco à Nice, au Carlton et au Martinez à Cannes, 808 Water sera bientôt présentée aux palaces et établissements de luxe de Monaco. Car l’objectif est clairement donné : « remplacer l’eau de Châteldon sur les grandes tables », annonce Patrick Ciampi, président de la société d’exploitation SEEM808. « Nos bouteilles sont en verre non consigné, donc recyclable. Nous n’utiliserons pas de plastique afin de ne pas dégrader l’image de notre produit ».