La dette de la Sécurité sociale, jusque-là maîtrisée par la Cades, menace désormais de peser sur les générations futures si les déficits ne sont pas rapidement maîtrisés.
La dette de la Sécurité sociale, jusqu’ici maîtrisée et remboursable dans un délai raisonnable, pourrait bientôt transférer son poids aux générations futures, met en garde la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Organisme chargé de porter et rembourser cette dette, la Cades souligne que l’équilibre financier atteint ces dernières années est désormais fragilisé par l’accumulation de déficits.
Contrairement aux idées reçues, la dette sociale « n’est pas un puits sans fond », a insisté mardi le président de la Cades, Pierre Ricordeau. L’organisme a en effet réussi jusqu’à présent « à amortir cette dette dans un temps relativement bref, de 8 à 12 ans », et la dette liée à la pandémie sera remboursée dès 2033, a-t-il précisé. « La dette sociale est remboursée par les gens à l’origine de la dette », s’est-il félicité, rappelant le modèle de financement intergénérationnel qui a prévalu jusqu’ici.
Mais l’accumulation actuelle et future des déficits menace de rompre cet équilibre. « Si une trajectoire de retour à l’équilibre de la Sécu n’est pas construite dans le prochain budget de la Sécu, et surtout après la présidentielle, on aura beaucoup de mal à respecter ce qu’on a toujours respecté jusqu’à maintenant, c’est-à-dire le principe d’équilibre » pluri-annuel des finances de la Sécurité sociale, a averti Pierre Ricordeau.
Des taux moyens à 2,81 % en 2025
Aujourd’hui, la Cades porte 122 milliards d’euros de dette, mais sa capacité de reprise est désormais limitée alors que l’extinction de l’organisme est prévue en 2033. Les déficits futurs devront donc être supportés par l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), chargée du financement quotidien des caisses. Cette dette, proche d’un découvert permanent, a augmenté inexorablement ces dernières années, avec un plafond fixé à 65 milliards d’euros pour 2025.
Pour faire face à ses engagements, la Cades refinance en permanence la dette par des émissions de titres à moyen et long terme. Les taux moyens se situeront à 2,81 % en 2025 et à 3,04 % pour les premières opérations de 2026, légèrement supérieurs à ceux obtenus par l’État sur ses propres emprunts. L’organisme bénéficiera également de la part de CSG qui lui est affectée, de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et de versements annuels du fonds de réserve pour les retraites, à hauteur de 1,5 milliard d’euros par an.
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