Nintendo relève le prix de sa Switch 2 et s’inquiète pour la suite
latribune.fr
Jusqu'ici, Nintendo avait résisté à la tentation de relever ses tarifs, contrairement à Sony qui avait déjà augmenté les prix de certaines versions de sa PlayStation 5 au printemps.
ZEUS - ZUMA Press Wire via Reuters Conn - Represented by ZUMA Press, Inc. - Kobe Li
Le groupe japonais Nintendo a annoncé vendredi une hausse du prix de sa console Switch 2 dans plusieurs régions du monde. Malgré des résultats annuels en forte progression, le pionnier du jeu vidéo anticipe un net ralentissement de son activité, pénalisé par la hausse des coûts industriels et un catalogue encore limité pour sa nouvelle console.
Nintendo commence à subir à son tour les tensions qui secouent l’industrie technologique mondiale. Le fabricant japonais a annoncé vendredi une augmentation des prix de sa console Switch 2, lancée en juin dernier, invoquant un contexte de forte hausse des coûts de production.
Les prix augmenteront de 20 % au Japon dès ce mois-ci, de 11 % aux États-Unis et de 6,4 % en Europe à compter du 1er septembre.
Jusqu’ici, Nintendo avait résisté à la tentation de relever ses tarifs, contrairement à Sony qui avait déjà augmenté les prix de certaines versions de sa PlayStation 5 au printemps.
Une industrie frappée par la flambée des coûts
Le secteur des consoles de jeux vidéo traverse une période particulièrement tendue. Les fabricants sont confrontés à une envolée du prix des composants électroniques, notamment des puces mémoires, dans un contexte de saturation des capacités de production mondiales.
La demande massive liée au développement de l’intelligence artificielle accentue la pression sur les chaînes d’approvisionnement technologiques.
À cela s’ajoutent les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, qui provoque une hausse des coûts logistiques mondiaux ainsi qu’une flambée des prix de certaines matières premières utilisées dans la fabrication des consoles, comme les plastiques.
Selon l’analyste Serkan Toto, du cabinet Kantan Games, Nintendo se trouve toutefois dans une situation plus délicate que Sony.
« Nintendo est dans une position difficile, car le cycle de vie de la Switch 2 vient de commencer et son public de joueurs occasionnels est particulièrement sensible aux prix », souligne-t-il.
Nintendo anticipe un ralentissement
Le groupe japonais affiche pourtant des résultats solides pour son exercice clos fin mars. Son bénéfice net a progressé de 52 %, à 424 milliards de yens (2,3 milliards d’euros), tandis que ses ventes ont quasiment doublé (+ 98,6 %), atteignant 2 313 milliards de yens.
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Mais Nintendo reste prudent pour l’exercice en cours. Le groupe prévoit une baisse de 27 % de son bénéfice net et un recul de 11,4 % de ses ventes.
Le succès surprise du jeu de simulation « Pokémon Pokopia », vendu à plus de 2,2 millions d’exemplaires en quatre jours, ainsi que les très bonnes performances au cinéma de « Super Mario Galaxy, le film », ont soutenu les résultats récents.
Le long-métrage d’animation a déjà généré près de 900 millions de dollars de recettes mondiales depuis sa sortie en avril.
Malgré ces succès, plusieurs analystes jugent l’offre de jeux de la Switch 2 encore trop limitée pour soutenir durablement les ventes de la console.
Nintendo doit désormais convaincre avec ses licences historiques, notamment Mario, Zelda et Pokémon, alors que certains titres très attendus n’arriveront pas avant 2027.