ENTRETIEN. Le professeur Mahmoud Zureik, directeur du groupement d’expertise publique Epi-Phare, décrypte pour La Tribune les conclusions d’une étude monumentale menée sur quatre ans auprès de 30 millions de personnes. Une étude qui confirme que les vaccins contre le Covid-19 n’ont pas entraîné de hausse de la mortalité, au contraire.N’en déplaise aux antivax, une étude publiée jeudi 4 décembre confirme que les vaccins contre le Covid-19 n’ont entraîné aucune hausse de la mortalité en France, quatre ans après le début de la campagne vaccinale. Réalisé par Epi-Phare, un organisme français associant l’Agence de sécurité du médicament (ANSM) et l’Assurance maladie, ce travail de quatre ans publié dans The Journal of the American Medical Association apporte, chiffres à l’appui, un démenti scientifique aux discours antivax.
Conduite entre 2021 et 2025 en France, cette étude d'ampleur porte sur près de 30 millions de personnes âgées de 18 à 59 ans, dont environ 23 millions vaccinées et 6 millions non vaccinées. La conclusion est sans appel : quatre ans après la première injection, les personnes vaccinées présentent une mortalité inférieure de 25 % à celle des non-vaccinées. « Les vaccins à ARN messager n’augmentent pas le risque de mortalité à long terme », martèle l’épidémiologiste et directeur d’Epi-Phare, Mahmoud Zureik.
La Tribune - Qu’est-ce qui rend cette étude inédite et unique en son genre ?
Pr Mahmoud Zureik - Les vaccins à ARN messager ont fait l’objet de milliers de publications scientifiques, mais notre étude est la seule qui apporte une réponse précise sur la sécurité de ces vaccins à long terme. Jusqu’à présent, on connaissait très bien les bénéfices et les risques à court terme : de nombreuses études — menées par Epi-Phare, ainsi que par des équipes nordiques, américaines, qataris, et israéliennes — avaient été publiées, mais elles se limitaient à une analyse sur environ trois mois.