En cette journée de mobilisation, l’entourage de Sébastien Lecornu a révélé quelques pistes budgétaires concernant des baisses de prélèvements en faveur des salariés.
Pur hasard du calendrier ? Alors que les syndicats ont entamé une nouvelle journée de grève et de mobilisation pour s’opposer à des mesures d’économies budgétaires, l’entourage du nouveau Premier ministre a indiqué que ce dernier étudierait plusieurs pistes de baisses de prélèvements en faveur des salariés. « Rien n’est encore arbitré », a-t-il néanmoins été confié à l’AFP.
Parmi les mesures envisagées par le Premier ministre, son entourage a cité une « défiscalisation et un allègement des charges sociales » sur les heures supplémentaire. Mais également le rétablissement de la prime Macron de « partage de la valeur » qui peut être exonérée d’impôt et de cotisations sociales.
Pour rappel, la prime de partage de la valeur remplace depuis juillet 2022 la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat mise en place en 2019, appelée « prime Macron ». Elle peut s’élever jusqu’à 6 000 euros par salarié. En 2024, l’exonération de cotisations sociales a, certes, été maintenue mais elle n’incluait plus comme en 2022 et 2023 l’exonération de CSG et de CRDS. Résultat, la prime n’a plus la cote. D’autant que, si jusque-là, elle était exonérée d’impôt sur le revenu pour les salariés gagnant jusqu’à trois fois le Smic, cet avantage n’est maintenu que si la prime est affectée à un plan d’épargne ou pour les salariés faisant partie d’une entreprise de moins de 50 salariés (et gagnant moins de trois fois le Smic).
Parmi les autres mesures étudiées : le Premier ministre souhaiterait une réduction de l’impôt sur le revenu pour les couples payés chacun au Smic.
Le salarié au Smic, quand il est seul, n'est pas imposable, mais les couples où chacun est payé au Smic peuvent l'être, selon Matignon. Ce qu'envisage le Premier ministre c'est « d'annuler l'impôt » payé par ces couples et de faire « comme s'ils étaient seuls ». Dans les faits, un couple où chacun est payé au Smic ne paie pas souvent d'impôts quand il a des enfants ou bénéficie d'autres déductions.
Enfin, il réfléchirait à une mesure « encourageant » les transmissions aux petits-enfants et aux jeunes.
Dans un entretien au Parisien, où il a fermé la porte à plusieurs demandes de la gauche et des syndicats sur la taxe Zucman sur les hauts patrimoines, le rétablissement de l'Impôt sur la fortune (ISF) ou la suspension de la réforme des retraites, Sébastien Lecornu avait néanmoins affirmé que « certains impôts augmenteront » et « d'autres diminueront ». Il avait dit lundi à ses alliés du centre et de la droite du « socle commun » qu'il ferait des « propositions » de baisse d'impôts « notamment en faveur du travail ». « Le fait de vivre de son travail et le reste à vivre demeurent une des premières préoccupations des Français », a ajouté ce jeudi son entourage.
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Les socialistes, qui seront reçus une nouvelle fois à Matignon vendredi matin, réclament, de leurs côtés, une baisse ciblée de la contribution sociale généralisée (CSG).