L’édito éco de Lucie Robequain. Budget, la rupture impossible
Lucie Robequain

Découvrez l'édito éco de Lucie Robequain.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Les partis politiques ont perdu le sens de l'intérêt général. Obsédés par l'échéance présidentielle de 2027, ils sont incapables de faire ce qui se fait partout ailleurs en Europe : des compromis permettant de bâtir un accord de coalition, qui permet lui-même de former un gouvernement.
En Allemagne, la gauche (SPD) et la droite (CDU-CSU) se sont ralliées autour du nouveau chancelier, Friedrich Merz, au prix de concessions importantes dans les deux camps. Rien de tel chez nous : les lignes rouges sont tellement épaisses - à gauche comme à droite - qu'aucun dépassement n'est possible.
Les discussions que mène Sébastien Lecornu autour d'un nouveau budget sont vouées à l'échec. La « rupture » qu'il appelle de ses vœux est impossible, tant les partis campent sur leurs positions. C'est cette inaptitude au consensus qui a été sanctionnée par l'agence de notation Fitch vendredi 12 septembre, au soir : elle dénonce « la fragmentation et la polarisation croissante de la politique intérieure » qui affaiblit la « capacité du système politique à mettre en œuvre une consolidation budgétaire d'ampleur ».
Le parti socialiste, pourtant au centre du jeu, a déjà fait savoir qu'il ne participerait pas au gouvernement. Triste symbole d'un mouvement qui ne s'est pas encore totalement libéré de l'influence mélenchoniste et a perdu la culture du gouvernement. Parmi ses folies budgétaires, le retour de la retraite à 62 ans, au-delà de ce que réclame la CFDT donc, qui propose de laisser les travailleurs partir à 63 ans. Et tant pis si nos voisins européens travaillent tous deux à trois ans de plus.
Rien ne changera tant que les partis de gouvernement n'acceptent pas de compromis qui leur coûtent politiquement. Sans céder à la folie fiscale, la droite doit se résoudre à une contribution des plus hauts patrimoines permettant de rétablir la progressivité de l'impôt au plus haut de l'échelle. La gauche doit consentir que les salariés travaillent plus longtemps.
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Mais les échéances municipales approchent : si le PS laisse passer le budget, il sera taxé de traîtrise par le reste de la gauche. Ses alliés, au premier rang desquels les Écologistes, seraient alors tentés de jouer leur propre carte aux élections de mars. Perdre cette élection reviendra à redonner les clés de la gauche à Jean-Luc Mélenchon et à perdre le dernier atout qui reste au PS, à savoir son ancrage territorial et ses élus locaux. Le parti plutôt que le pays : c'est l'intérêt personnel qui semble prévaloir chez les socialistes, comme dans la plupart des autres partis.
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